‹ PétrarqueChapitre 136 sur 178 · Fam , VII · texte numérisé non relu

Fam , VII

L'iTALIANITÉ DE PÉTRARQUE 249

par .delà les Alpes, il n'emporte ni souvenirs, ni imp ressions, ni affections de clocher. D'un côté, pourtant en Toscane, étaient des Florentins, des Pisans, des Lucquois, des Arétins, des Siennois, étrangers les uns aux autres, souvent ennemis et se traitant comme tels. De l'autre, au contraire, l'éloignement, en élargissant les horizons et en dissipant les méfiances, reculait les frontières, et les Arétins, les Pisans, les Lucquois, les Lombards et même les Vénitiens, au milieu de véritables étrangers, commençaient à se sentir compatriotes, et en quelque sorte Italiens.

D'origine florentine, né à Arezzo, élevé à Ancise, à Pise durant quelques mois, puis envoyé à l'école en pays étranger, auprès d'un homme de Prato chez lequel il s'était lié d'amitié avec un Génois, (Guido Sette) et où il était sans doute entouré de condisciples de différantes provinces, ensuite étudiant à Bologne, Pétrarque avait en effet toutes sortes de raisons de n'être pas lié à un esprit exclusif de clocher, et de se sentir italien. Peut-être renseignement de Convenevole eut-il quelque influence dans la direction de sa pensée et de son sentiment national.

Le goût que Pétrarque marqua de bonne heure pour les études classiques, l'idée large, exempte de préjugés qu'il se forma de la grandeur de notre civilisation antique devait contribuer d'autre part à accroître en lui l'esprit d'italianité. Poète et artiste enfin, doué d'un goût délicat, avec une âme avide des beautés de la nature et de l'art, il aimait l'Italie pour la richesse de ses édifices et de ses monuments qui n'étaient pas la propriété d'une seule cité, mais qui resplendissaient partout, à Rome, à Venise, à Florence, à Milan, à Gènes, à Bologne, et il l'aimait pour ses beautés naturelles qui n'étaient pas le privilège d'une seule région, parce que lacs et fleuves pittoresques, collines claires et riantes, plaines fertiles, golfes magnifiques, toutes les provinces, toutes les villes avaient leurs merveilles qu'il ne se lassait pas d'admirer et de chanter. Très jeune il exprimait cette fascination délicieuse qu'exerçait lltalie sur son esprit sensible et délicat. Déjà en 1333, d'Aix-la-Chapelle, il écrivait au cardinal Golonna « que plus il voyageait, plus il seul ail grandir son admiration pour l'Italie '. » En 1339, sur les hautes cimes du Vcntoux, son

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