De vita solitaria I, i, 1. De vera sapienlia, dial. I
dant il est homme » et par cela, sujet à Terreur. A ceux qui ne comprenaient pas pourquoi il se refusait à reconnaître toute son autorité, il répondait qu'il « n'avait rien à dire contre Aristote, mais quelque chose en faveur de la vérité. Contra Aristotelem nihil, sed pro veritate aliquid \
Il faut dire que la doctrine d'Aristote s'était surtout répandue au moyen âge par le grand commentaire d'Averroès dont la subtilité arabe n'avait pas peu contribué aux ambages de lascolastiqueque Pétrarque appelait ragnatele (toiles d'araignées). Aussi est-ce contre l'Averroisme qu'il dirigea le plus souvent et avec le plus de colère ses traits mordants. L'habitude de tout s'exagérer, choses et sentiments, lui fit paraître cette école plus puissante et plus pernicieuse qu'elle n'était en réalité ; en outre, l'estime qu'il avait de son propre savoir et sa superbe assurance de se croire seul en possession de la vérité, lui donnaient dans ces disputes un certain air d'apôtre. L'attitude de saint Augustin ne devait pas être loin de le tenter. Mais c'était un saint, qui certes, avec plus de raison et de ferveur