‹ PétrarqueChapitre 168 sur 178 · Fam.. XIII. il · texte numérisé non relu

Fam.. XIII. il

déchirées pour avoir été en trop de mains *. Mais c'était encore une façon de se grandir dans l'opinion, et ce fut certainement une des causes pour lesquelles ses lettres sont si dépourvues de détails intimes. Pétrarque ne voulait faire connaître de lui que ce qui lui plaisait et rien de plus ; s'il s'était laissé entraîner à conter les petits faits de sa vie décousue, le héros se serait révélé sous un aspect moins noble et n'aurait paru qu'un homme ordinaire, ce qui ne pouvait lui convenir ni lui être agréable2.

Cette science d'unmaintien toujours correct et digne explique les instances que faisaient auprès du poète les princes qui désiraient sa présence à leur cour pour en rehausser l'éclat. Le Pape et rEmpereur,le roi de France et le roi de Naples, les princes Yisconti, Carrare, Corregio, Gonzague,les prélats et les particuliers, pendant trente ans,Faccablèrent d'invitations et d'instancespour qu'il les honorât de ses visites. L'obséquiosité vaniteuse d'Arrigo Capra qui amena sa ruine, par désir de posséder le poète un seul jour chez lui, est un sujet d'étonncment plus grand peut-cire

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