‹ PétrarqueChapitre 171 sur 178 · Ilortis, op. cil., p · texte numérisé non relu

Ilortis, op. cil., p

2. Traduit sur le texte donné par Fracassetti. Lot. fam. trad. V \ olumé, page 377.

fait. On pensait à la cour papale, que pour un homme de lettres, la situation la plus convenable était celle de secrétaire apostolique, et elle lui fut offerte au moins cinq fois, à ses requêtes directes ou indirectes, mais elle était, en réalité, celle qui lui convenait le moins, car sa haute intelligence jointe à sa grande culture, ne pouvait facilement se plier à la manière officielle du style de chancellerie en usage dans les Cours, et elle lui eût pris une trop grande partie de son temps et de sa liberté. Il est possible aussi, quand on connaît son ambition et le sentiment qu'il avait de sa dignité, qu'il estimât avoir droit à une situation plus élevée. En fait, on peut dire qu'il désira plus de faveurs qu'il n'en obtint. Il affirma à F. Bruni, secrétaire apostolique, que le Pape Clément V lui avait plusieurs fois exprimé son intention de lui donner un évêché, et que certainement il eût réalisé sa promesse s'il avait vécu *. Cette dignité était-elle l'objet de son ambition, objet que jamais il ne voulut avouer nettement, tout en se plaignant toujours de n'avoir pas été récompensé comme il le méritait ? L'étude

l. Varie. 15.

que nous avons faite de son caractère nous porte à croire qu'il n'aurait pas refusé un office qui aurait été une dignité, et tout ce qu'il dit pour exprimer vaguement ses désirs et ses besoins peut confirmer cette opinion. IL est vrai qu'il dit encore à F. Bruni « ne pas vouloir entendre parler de dignités ecclésiastiques », mais c'était en 1372, alors que presque septuagénaire il avait besoin de repos et non des ennuis inhérents au gouvernement d'un diocèse ; d'ailleurs il n'est pas présumable qu'on voulût accorder à un vieillard affaibli l'évèché qu'on avait toujours refusé à l'homme jeune et valide. Ce refus avant l'offre pourrait se comparer sans irrévérence au refus du renard qui trouvait le raisin trop vert. A ceux qui objectent qu'on aurait pu donner au poète un évèché en titre avec prébende mais sans charge d'âmes, on peut répondre qu'on l'aurait pu en effet, mais qu'on ne le fit pas. S'il lui eût été proposé sérieusement il ne l'eût sans doute pas refusé un inslant, car il est inadmissible qu'un homme; si désireux de paraître, recherchât les prébendes et ne voulût pas de la dignité.ll n'est pas douteux qu'il ambitionnât pour \c moins un évèché ainsi qu'on peut le deviner

d'après sa lettre à l'évêque d'Olmulz : « Si je n'ai pu réussir à m'élever à quelque chose de grand comme tu voulais.... » L'évêque avait sollicité l'Empereur « qui n'accueillit pas sa demande * ». Comme son ami ne pouvait demander pour lui à PEmpereur une charge politique, à laquelle pouvait-on penser sinon à un évèché, à une abbaye, à une dignité ecclésiastique en somme bien rétribuée, et dont la donation fût au pouvoir de l'Empereur ?

Il est surprenant qu'avec sa grande célébrité, et des protecteurs influents à la Cour d'Avignon où les cardinaux Cabassole, Talleyrand et de Boulogne s'employaient pour lui, qu'il n'ait rien obtenu après le canonicat de Modène qu'il cédaàLuca Cristianien 1384.Kœrting croit que ses lettres sine tltulo lui firent tort dans l'opinion 2. Dans tous les cas elles lui en firent auprès de la Curie, et je crois qu'elles furent la raison pour laquelle depuis ce moment ses sollicitations et celles de ses protecteurs demeurèrent vaines. La faveur personnelle du Pape Urbain V ne le servit pas parce que déjà un courant contraire dont le poète nous parla

Page 1