‹ PétrarqueChapitre 36 sur 178 · Cf. Ilortis, op. cil., p · texte numérisé non relu

Cf. Ilortis, op. cil., p

vaucluse, 1337-1353 67

fluence fut considérable et la joie éclata dans le peuple l quand fut décerné au poète le privilège du laurier qui lui donnait le titre de poète, d'historien, et la qualité de citoyen romain. C'était un événement remarquable et unique dans l'histoire du moyen âge, de voir le rude esprit de domination et de conquête, s'incliner devant la souveraineté du génie ; de voir en même temps cette belle consécration de la tradition historique réveiller la conscience un peu trouble d'un âge près de disparaître. Et par là s'explique la grande place que tient Pétrarque dans l'histoire de la civilisation.

Mais ni l'enthousiasme de son triomphe, ni son ancienne vénération pour Rome ne furent capables de retenir au delà de la cérémonie le nouveau citoyen de la ville éternelle. Il avait quitté Naples le 4 avril, avait été couronné le 8 au Capitole, et entre le 21 et le 29 il était déjà à Pise ; de là il décrivait la fête du couronnement au roi Robert et à Rarbato de Sulmona, dont il était devenu l'ami à la cour de Naples. On eût dit que sa hâte de quitter Rome ne lui avait pas même laissé le temps de remplir un devoir de rigoureuse courtoisie, qui était celui

Page 1