‹ PétrarqueChapitre 41 sur 178 · Fam., VII, 7, appendice · texte numérisé non relu

Fam., VII, 7, appendice

honorable pouvaient détourner le cours de ses idées.

Et Yaucluse ? Bien qu'il dût en coûter beaucoup au poète de se tenir éloigné de sa retraite aimée, la nouveauté et l'importance des événements ne lui permirent durant toute cette longue année ni de longs ni de fréquents séjours , mais nous manquons pour cette année-là de renseignements sur les autres particularités de la vie du poète, et ne connaissons que la naissance de sa fille Françoise. En attendant il terminait son Secret.

Pétrarque fut chargé d'une double mission à Naples ; d'une part, soutenir les droits du pontife à la régence du royaume pendant la minorité de l'héritière de Robert ; d'autre part, obtenir l'élargissement des fils de Nicolas de Barletta, prisonniers d'Etat, réclamé par le cardinal Colonna. L'amitié presque respectueuse que le roi défunt avait témoignée au poète, le crédit qu'il s'était acquis à la cour de Naples, la connaissance qu'il y avait faite de personnages illustres et puissants , étaient autant de raisons qui semblaient promettre plein succès au poète devenu ambassadeur.

La cour d'Avignon tenait sans doute à ce

vaucluse, 1337-1353 75

qu'il arrivât promptement à Naples, car on lui fit promettre pour hâter son arrivée de faire le voyage par mer, et à Nice il s'embarqua, malgré la frayeur que lui causaient « les extravagances de la mer. » A Monaco, le temps devint si menaçant qu'il fallut attendre. On ne leva l'ancre que le jour suivant, mais par un temps si mauvais qu'il fallut reprendre terre à Port-Maurice où le poète se réfugia dans une petite auberge de la plage, se reposant « sur un lit de matelot ». Ayant assez de la navigation, il fit marché de chevaux allemands qui se trouvaient en vente par hasard, et poursuivit son voyage par terre ; mais la guerre était alors engagée entre Pise et les Visconti, les armées des deux partis campaient autour de l'Avenza, et Pétrarque arrivé à Lerici fut forcé de se rembarquer, heureusement pour peu de temps ; la pointe du Corbeau doublée, et Luni dépassé, il aborda sur le territoire Pisan, d'où il se rendit à Pise, puis par la Maremma à Florence, et par Pérouse, Todi et Narni il arriva à Rome dans la soirée du 4 octobre ; il n'y resta que peu de jours, et fut enfin à Naples le 12 octobre.

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