Senili, X
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Vers 1319 il fut envoyé à Montpellier où l'école de droit était en grande faveur. Les traditions de sa famille aussi bien que les conditions de temps et de lieux, engageaient Pctracco à diriger son fils vers l'étude du droit, de laquelle il espérait pour lui renommée et fortune. Malgré les soins qu'il apportait aux devoirs de sa profession et aux affaires de sa famille, et malgré l'esprit pratique que laisse supposer le peu que nous sachions de lui, Petracco n'était pas un médiocre amateur des lettres ; on sait qu'au retour d'un voyage qu'il fît à Paris, il apporta à son fils un beau manuscrit d'Isidore que Pétrarque garda précieusement toute sa vie avec un respect tout particulier en souvenir de son père ; Petracco fut aussi un fervent admirateur de Cicéron dont la lecture faisait ses « délices » ainsi que l'écrit son fils, auquel il avait su en inspirer le goût par son exemple et ses conseils. Pétrarque en etrct était déjà adonné tout entier à Pétude de l'orateur romain quand ses camarades de môme âge n'avaient encore entre les mains que l'epitomé de Prosper et les fables d'Esope l. Avec
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les années, elle devint de plus en plus sa nourriture intellectuelle, et il témoignait sa répugnance pour l'étude du droit vers laquelle on voulait à tout prix le diriger « par désir de lui ouvrir le chemin de la fortune l. » Pétrarque rapporte une anecdote que les historiens font remonter les uns à l'époque de ses études à Montpellier, les autres à Bologne, et qui caractérise bien la tendance invincible de son esprit. Son père le surprenant dans ses furtives amours littéraires, aurait découvert dans une petite cachette des ouvrages de Cicéron et des poésies latines ; pris de colère en voyant son fils ainsi distrait des éludes obligatoires du droit, il jeta tous les livres au feu. Pétrarque nous dit, un demi-siècle après, qu'il lui semblait que ces (lamines brûlaient ses chairs. Par ses plaintes douloureuses il calma la colère de son père, qui enfin radouci, retira du feu deux volumes déjà tout noircis de fumée, un Cicéron et un Virgile en lui disant : celui-ci récréera quelquefois ton esprit, cet autre te servira d'aide et de réconfort pendant les études de droit". » Fut-ce parce que le jeune étudiant ne tirait