Cf. Fracassetti, note à la lettre Fum., XI
de son départ, fatigué évidemment de la protection suspecte des Visconti. Boccace, qui ne cessait de lui faire entendre, avec bonté, la mauvaise impression que faisait son séjour à cette cour, ne fut pas étranger peut-être à sa détermination. En tous cas, cette année même, en dédiant à son ami Socrate, ses Lettres familières, il lui disait que se disposant à faire ses paquets, il avait passé en revue tous ses papiers pour voir « ceux qu'il devait emporter, ceux qu'il devait donner à ses amis et ceux qu'il devait livrer aux flammes l. » C'est ainsi qu'il en brûla « plus d'un millier, tant en lettres intimes qu'en poésies sur divers sujets ». Ayant ensuite aperçu dans un coin quelques papiers oubliés par hasard, il voulut les épargner, et séparant la prose de la poésie, il eut l'idée de dédier celle-là à Socrate, celle-ci à Barbato 2. Ce n'est pas ici le lieu de discuter la véracité du récit, dans ses termes précis et comme il a plu à Pétrarque de le faire à Socrate, tandis quaFrancesco da Siena il affirmait ensuite avoir réuni en deux gros volumes plus de quatre cents longues lettres, en écartant un millier d'autres,