Idem
milan 1353-1361 123
que le poète en traversant la Provence, fit une échappée jusqu'à son Parnasse transalpin, à sa Vaucluse tant aimée. Peut-être ses dispositions d'esprit le tenaient-elles éloigné d'un lieu qui avait été l'inspirateur et le témoin des dissipations de sa jeunesse, désormais abandonnées et condamnées.
Parti en décembre, bien que le premier jour du mois il ait écrit à Guido Sette qu'il était « martyrisé de douleurs aussi violentes que celles que lui donnait la goutte l », il est déjà en mars de retour à Milan. Il y reçoit à peu d'intervalle deux lettres : l'une du roi de France, l'autre de l'empereur d'Allemagne qui lui renouvelaient leur invitation. Auprès du roi il s'excuse en alléguant le refus qu'il fait à l'empereur, et à l'empereur il écrit qu'il lui est désormais impossible de quitter l'Italie « au-dessus de laquelle il ne voit rien de plus attrayant en fait de beautés naturelles et de beautés artistiques. » Il saisit cette circonstance, qu'il juge opportune, pour engager l'Empereur à améliorer le sort de l'Italie, en le menaçant même du jugement de la postérité. Mais l'Empereur ne chan-