Senili, I
dre d'abord auprès de l'Empereur, auquel il pensait ne plus pouvoir convenablement refuser une nouvelle invitation, mais les effets de la guerre se faisaient sentir jusque sur les routes d'Allemagne, tandis que la peste commençait à envahir Padoue. Alors le poète, toujours craintif, ne vit rien de mieux que d'abandonner à la fois son projet de voyage en Allemagne et celui d'un séjour à Padoue, et il se « réfugia dans le sein paisible de l'Adriatique \ » Vers le milieu de 1362, il appela auprès de lui sa fille et son gendre à Venise où il fixa sa résidence pendant près de six ans, sans négliger toutefois les occasions nombreuses qui l'amenaient à Padoue et au delà.
Avant de quitter Padoue, il avait déjà, par l'entremise de son ami Benintendi, commencé des pourparlers avec la Seigneurie de Venise dans le but de laisser à la ville tous ses livres, pour en former une bibliothèque publique à la condition qu'on lui donnerait une habitation honorable. L'accord s'établit promptement, et le poète put se loger sur la belle rive des Esclavons dans le palais dit: des deux tours. Le don de ses livres était vraiment précieux ; c'était peut-être la