Senili, XI
rentrait à Padoue impatiemment attendu et fêté par François de Carrare. Pétrarque, en rapportant ces circonstances à F. Bruni, l'un des meilleurs amis qui lui restât, ne parle pas du mariage de Violente, fille de Galéas Yisconti, avec le duc de Clarence, mariage auquel certains biographes disent qu'il assista dans le milieu de juin, assis au repas de noces à la table des princes. Si le fait était exact, il n'eût pas manqué de rapporter une circonstance aussi remarquable de son voyage, et il dit seulement n'avoir quitté Pavie que quand il parvint à trouver un batelier assez courageux pour le transporter par le fleuve l.
A son arrivée à Padoue il trouva des lettres du Pape qui l'invitaient à aller à Rome, mais l'été, son ennemi naturel, et une infirmité accidentelle, peut-être la blessure à la jambe
1. Ce doute fut d'abord émis par Kœrting, contrairement aux affirmations de Baldclli et de de Sade, basées sur une indication de Gorio et acceptées récemment encore par Hortis et Fracassetti; Cf. Kœrting Petrarca's Lebenund Verke. Leipzig, 1.X78 (Ghap. 7> l'argument peut se retourner aussi. Serait-il admissible que Pétrarque étant à Pavie sur le désir de Galéas, n'ait pas été invité par lui à Milan aux fêtes nuptiales? Or Pétrarque dans sa lettre à Bruni ne parle même pas d'invitation. C'eut été le cas de lui écrire comme c'était son habitude; J'ai vu le prince, il voulait que j'allasse à Milan mais.., Rien donc no vient établir qu'il s'y rendit.
dont il avait parlé à F. Bruni quelques mois auparavant, son chagrin à la mort de son petitfils Francesco qu'il adorait, et dont les traits rappelaient les siens, lui firent ajourner ce voyage, bien qu'il le désirât sous d'autres rapports. En attendant, artiste persévérant, il continue de perfectionner ses œuvres et ajoute au bout de vingt années deux strophes à une canzone commencée en 1346 du vivant de Laure. Il commence à villégiaturer à Arqua dans une maison des moines Augustins pendant l'été de 1369, sans pouvoir échapper cependant à ses accès de fièvres automnales, dont « il eut à souffrir plus de quarante jours ». Pendant sa maladie il reçut une nouvelle invitation d'Urbain V, et il promit de se rendre à Rome au printemps suivant. Mais il attendait du Pape une faveur plus positive que des invitations 1. Pourtant, malgré son âge avancé, il se prépara à ce long voyage. L'année suivante, avant de partir, il fit son testament le 4 avril, et laissait entre autres legs, la somme, importante pour Tépoque, de 50 florins d'or à Boccace « en vue de l'acquisition d'une robe de chambre à mettre les nuits d'hiver qu'il passe à travail-