‹ PétrarqueChapitre 93 sur 178 · Antonio, qu'a donc fait ton pays · texte numérisé non relu

Antonio, qu'a donc fait ton pays

Une chose (pie je ne croyais pas possible,

Il a si bien forcé la clef de mon cœur

Qu'il a ouvert le chomin que la raison fermait.

pas suffisant, dans un autre sonnet également exclu du Canzoniere, mais qui figure dans d'autres recueils, il nous fait savoir que si la mort de Laure le délivra d'une douce chaîne, l'amour le reprit de nouveau.

Ben volse quei che co'begli occhi aprilla Con altra chiave riprovar l'ingegno *.

Ainsi donc Pétrarque, soit dans sa jeunesse, soit dans son âge mûr, se montra très accessible aux séductions de la beauté; il en recevait de vives impressions qu'il traduisait en vers par plaisir ou par habitude d'artiste. Gela ne veut pas dire que son cœur s'éprenait à tout instant ni qu'il était un pécheur incorrigible, mais son auréole n'est pas ternie parce qu'il est pris en flagrant délit d'infidélité. Il ne faut pas oublier le caractère poétique de l'amour éprouvé et chanté par Pétrarque ; il voit une jolie femme, en reçoit une douce impression, il la met en vers comme un effet de l'amour ou de ses ministres *, comme il le faisait pour une rencontre, un

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