Senili, XV
matépiellement envers ses enfants, comme cela se faisait dans ces temps moins civilisés, plus communément qu'aujourd'hui. Mais son caractère était parfois soupçonneux, pointilleux, fantasque, intolérant. Il se plaignait souvent des embarras que donnait la famille, ne dissimulait pas à ses amis et à ses connaissances le mépris que les mœurs peu correctes de son fils suscitaient dans son cœur et ne cherchait même pas à en cacher les fautes par bonté paternelle. On peut expliquer, par sa tendance à corriger et à moraliser, ces reproches qu'il adresse avec complaisance à son fils dans quelques lettres qu'il aura voulu garder et transmettre à la postérité. Il se peut aussi que sa fille Françoise qu'il avait auprès d? lui, au moins depuis 1333, et qu'il maria à l'un d3 ses amis et admirateur, ait eu à soulfrir de son caractère difficile, si l'on en juge paT l'insoription qu'un mari affectueux fit graver sur sa tombe, et qu'on lit encore dans les cloîtres inférieurs de la cathédrale de Trévise oii elle mourut ; il fait allusion avec une réserve qui ne dissimule pas l'amertume, à la naissance équivoque de sa femme et au peu de consolation qu'elle trouva, et lui fait dire : « Je ne sais ce que je fus davantage, fidèle à mon mari, 50?z-
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mise à mon pare, ou ignorante du bonheur extérieur. De bien des façons le sort me persécuta dans mes jeunes années ; ici, pour moi est l'éternel repos, certa domus. » Et dans ce certa domiis il y a sans doute une plainte discrètement voilée de sa condition de fille illégitime. Si Pétrarque ne se montra pas très endurant avec ses enfants, imaginons l'ennui que devaient lui donner ses serviteurs. De Vaucluse il écrivait à Sennucio del Bene qu'il en avait six «qui étaient autant d'ennemis » et il le priait de lui 3n expédier un qui fût supportable, il terminait en lui exprimant la crainte « de le charger de la recherche du phénix ' ». Quelque temps iprès il faisait ses plaintes à Socrate. «Ceux qui se disent mes serviteurs ne sont dans le fait que d'3s chiens avides qui mordent et aboient » et parlant de celui qui était le porteur de sa lettre il continuait : «Si tu veux te faire chasseur, prends-le ; s'il ne fait pas ton alfaire chasse-le au maquis, fais-le pendre, mais tâche qu'il ne paraisse plus devant moi. L'autre est ce vieil enragé que tu connais bien - », sans doute ce Raymond Monet dont il se loua tant dans plus