Dante lui-même dit : « Horace le satirique ». Enfer, IV
soigneuse des sources, prouvent dans les manuscrits qui sont restés du poète, une aptitude très heureuse pour ce côté tout moderne de l'érudition. Il sut appliquer cette méthode critique à l'histoire dans la longue vie de Jules César qui circula un certain temps sous le faux nom de Jules Gelse ; il ne fit pas comme les compilateurs du moyen âge l'abrégé de quelque œuvre précédente, mais mettant à profit toutes les indications qu'il recueillait dans un grand nombre d'auteurs lus par lui-même, il en composa une œuvre très originale et très importante pour ce temps '■.
Les conditions des études et l'ignorance des langues qui en était la conséquence, furent les causes pour lesquelles Pétrarque n'eut qu'une idée très imparfaite de la littérature grecque. Ayant perdu trop tôt, à son grand regret, son maître Barlaam, il compta vainement sur Léonce Filate, esprit bizarre avec lequel il ne put se mettre d'accord. Il dut alors se contenter de lire Homère sur la traduction qu'en avait faite Filate, et qu'il couvrit de
1. Cf. p. de Xolhac, Notice siir les mss. suivie de fraffmenls inédits, Le « De Viris illustrihus » de l'étr., Paris, 1800.
commentaires, preuve de l'intérêt qu'il prenait à cette étude commencée pourtant dans les dernières années de sa vie. Comme prosateurs, il ne connut qu'indirectement et en partie Platon et Aristote; il savait que Thucydide était historien, mais affirmait que « pour se consoler de l'exil, il se mit à composer des tragédies \ >» Ecrivant une fois à Francesco Nelli ' il lui envoie une certaine correction à faire à l'une des lettres qu'il lui avait adressées précédemment. Tel était l'homme qui dans les circonstances les plus ordinaires avait toujours souci de sa dignité. De même que dans sa jeunesse il étudiait avec soin les plis de son vêtement, de même plus tard, il prenait autant de soin de l'arrangement de ses phrases. Moderne en cela encore, il comprenait que ses lettres, dans lesquelles il décrivait à fond le passé et le présent, en y répandant toute son érudition avec une surabondance qui nous semble plutôt excessive et qui fut quelquefois critiquée en son temps % il comprenait qu'elles étaient destinées à une plus grande diffusion que les longs et