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indigestes traités de morale et de religion. De là le soin qu'il prenait de les classer, de les limer, de les parachever, élaguant tout détail qui ne lui semblait pas en rapport avec le sérieux et la gravité d'une œuvre littéraire. Admiré pour sa science, pour la sûreté et l'étendue de ses connaissances dans la littérature classique et dans la littérature sacrée, il aimait à en faire parade dans ses lettres qui étaient l'origine principale de sa réputation d'érudit; les citations qu'il n'épargnait pas devaient faire l'étonnement des lecteurs moins instruits, et elles avaient en même temps pour effet de leur rendre familiers les pensées, les maximes et les noms des grands hommes de l'antiquité, en éveillant leur curiosité, et en les invitant à l'étude.
La pompe des citations était naturellement accompagnée de la solennité des phrases et de l'ampleur de la période ; cela lui tenait lieu de profondeur et d'originalité dans les pensées et du sentiment qui n'abondait pas toujours, et donnait à ses lettres une certaine singularité attrayante, comparativement au style peu raffiné du temps, et leur communiquait cet air d'élégance aristocratique, un peu apprêté, que
le poète rechercha toujours dans sa toilette, dans son maintien, dans son langage et dans ses écrits. Son style latin fut aussi infiniment plus correct et plus fleuri que celui des meilleurs de ses contemporains, malgré quelques erreurs de grammaire et de métrique qu'on a pu relever dans ses œuvres et bien qu'il soit resté fort loin, non seulement de ses modèles Gicéron et Virgile, mais encore des humanistes qui vinrent après lui, suivant le chemin qu'il leur avait tracé.
Il était naturel que Pétrarque, conscient de son mérite, se révoltât contre ceux qui lui faisaient apercevoir quelque léger défaut ou quelque légère erreur dans ses écrits. En cela encore il fut le premier des humanistes irascibles et n'épargna pas ses censeurs auxquels il adressait des lettres et des épitres entières uniquement pour se défendre de s'être trompé sur la quantité d'une syllabe \ Quelquefois il se complaisait dans la satisfaction que lui donnait le succès de ses écrits dont la science élégante provoquait l'admiration, d'autres fois il ne se croyait pas récompensé comme il le méritait et