Epist. poel., III, 26 (Andrea Mantovano
regrettait presque d'avoir préféré la langue vulgaire au latin ^
Soucieux du moindre témoignage qui pouvait se rattacher à un âge qui avait été l'objet de toutes ses études, en même temps poussé par la curiosité, et par cet esprit du « collectionneur » qui est la caractéristique du goût moderne, Pétrarque faisait collection de médailles et de monnaies anciennes. On lui apportait de Rome celles qu'on trouvait dans les ruines pour les lui vendre ou lui en demander Fexplication. Il donna à Charles IV des monnaies à l'effigie d'Auguste, lui conseillant ainsi, à mots couverts, de prendre exemple sur ses antiques prédécesseurs.
Mais la numismatique est l'un des aspects les moins importants sous lesquels se présente la figure de Pétrarque humaniste. V Itinerarium sjriacum fait à l'intention d'un grand seigneur milanais qui voulait entreprendre un pèlerinage en terre sainte ' est un document important des connaissances géographiques de ce
^ Lumbroso,"L'7<merar(«mdei Pe/rarca. Rome, Lincei, 1888, et^dans les Memorie del buon tempo anlico. Turin, Loescher,
temps, que le poète complétait par ses propres connaissances et par ce sentiment particulier de la nature qui lui faisait relever les aspects nouveaux des lieux et des choses. Il faut remarquer qu'il fut le premier à donner la description, et à chanter les beautés de ce Seîio Lunense S d'où j'écris ces pages. En général, il s'attardait volontiers dans les descriptions de lieux, comme celui qui aime à rappeler à son souvenir le charme des choses vues. En écrivant à Luca Cristiano, il lui trace en traits rapides mais saisissants, la Lombardie entrecoupée de lacs et de fleuves, il montre TAdda sortant du Lario près de Còme, le Tessin venant du lac Majeur, les sources de l'Oglio, le lac de Garde d'où sort le Mincio, « ces lacs que le vulgaire connaît mais que beaucoup de savants ne connaissent pas, même de nom ^» Dans ces mots se montre un des sentiments les plus vifs de Pétrarque qui le poussait à voir des lieux et des choses, et par suite à entreprendre des voyages dans lesquels il parcourait la moitié de l'Europe, l'esprit pénétré de l'histoire des pays qu'il visitait. Ce désir des voyages lui