Varie
que nous avons faite de son caractère nous porte à croire qu'il n'aurait pas refusé un office qui aurait été une dignité, et tout ce qu'il dit pour exprimer vaguement ses désirs et ses besoins peut confirmer cette opinion. Il est vrai qu'il dit encore à F, Bruni « ne pas vouloir entendre parler de dignités ecclésiastiques », mais c'était en 1372, alors que presque septuagénaire il avait besoin de repos et non des ennuis inhérents au gouvernement d'un diocèse ; d'ailleurs il n'est pas présumable qu'on voulût accorder à un vieillard affaibli l'évèché qu'on avait toujours refusé à l'homme jeune et valide. Ce refus avant l'offre pourrait se comparer sans irrévérence au refus du renard qui trouvait le raisin trop vert. A ceux qui objectent qu'on aurait pu donner au poète un évèché en titre avec prébende mais sans charge d'âmes, on peut répondre qu'on l'aurait pu en effet, mais qu'on ne le fit pas. S'il lui eût été proposé sérieusement il ne l'eût sans doute pas refusé un instant, car il est inadmissible qu'un homme si désireux de paraître, recherchât les prébendes et ne voulût pas de la dignité. U n'est pas douteux qu'il ambitionnât pour le moins un évèché ainsi qu'on peut le deviner
d'après sa lettre à l'évèque d'Olmutz : « Si je n'ai pu réussir à m'élever à quelque chose de grand comme tu voulais.... » L'évèque avait sollicité l'Empereur « qui n'accueillit pas sa demande * ». Comme son ami ne pouvait demander pour lui à l'Empereur une charge politique, à laquelle pouvait-on penser siuon à un évèché, à une abbaye, à une dignité ecclésiastique en somme bien rétribuée, et dont la donation fût au pouvoir de l'Empereur ?
Il est surprenant qu'avec sa grande célébrité, et des protecteurs influents à la Cour d'Avignon où les cardinaux Cabassole, Talleyrand et de Boulogne s'employaient pour lui, qu'il n'ait rien obtenu après le canonicat de jNIodène qu'il cédaàLuca Cristiani en 1384.Kœrting croit que ses lettres sine titulo lui firent tort dans l'opinion ". Dans tous les cas elles lui en firent auprès de la Curie, et je crois qu'elles furent la raison pour laquelle depuis ce moment ses sollicitations et celles de ses protecteurs demeurèrent vaines. La faveur personnelle du Pape Urbain V ne le servit pas parce que déjà un courant contraire dont le poète nous parla