‹ Pétrarque, sa vie et son œuvre;Chapitre 42 sur 188 · Fam., V · texte numérisé non relu

Fam., V

Il s'installa au couvent des frères mineurs à San Lorenzo, et comprit tout de suite qu'il n'avait pas à compter sur le succès de son ambassade. « Les paroles du Pontife », écrivait-il au cardinal le 29 du même mois, « seraient plus dévotement écoutées à Damas par les Sarrasins, qu'elles ne le sont à Naples la chrétienne. » Quant aux prisonniers amis du cardinal, il avait pu les voir plusieurs fois au château Capuano, mais il n'avait aucun espoir d'obtenir leur liberté \ Si dans la suite elle leur fut accordée, ce fut grâce au prince André de Hongrie qui, d'après le chroniqueur Gravina, « cédant aux insinuations du diable les fit mettre en liberté °. »

Le changement qui s'était fait à la cour, l'échec de ses négociations diplomatiques, dégoûtèrent bientôt Pétrarque de son séjour à Naples où pourtant il recevait des marques d'honneur. La reine Jeanne le nomma son chapelain; ses amis Jean Barrilli et Marc Barbato l'entouraient d'une sollicitude affectueuse, l'accompagnaient dans ses promenades autour de Naples « chez la célèbre virago. Maria de Pozzuoli ^ » dans

Page 1