Fa,m., XIV
vAUCLUSE 1337-1353 95
infestent les environs. Pour y avoir échappé tant de fois, le poète n'en ressent pas moins une grande frayeur à l'idée de s'exposer à une nouvelle attaque. Après quelques hésitations il se décide à rebrousser chemin, envoie en Italie plusieurs de ses serviteurs « surtout pour ne plus les voir autour de lui » \, et remporte son précieux trésor de livres et de manuscrits, « partie la plus importante du bagage qu'il craignait de voir perdue par l'eau -. »
C'est ainsi qu'il trouvait dans les circonstances les plus accidentelles une excuse ou une raison à ses hésitations parce qu'il était partagé entre deux sentiments : si l'un l'entraînait vers l'Italie, l'autre le rappelait à Vaucluse. Mais celui-ci triompha bientôt, à cause de certains liens, on ne sait bien lesquels, qui l'attachaient encore « à la mer orageuse de la Cour ^ » Pour s'y soustraire la mort de son fidèle intendant, Raimond Monet, lui fournit un prétexte honnête. Il demanda un congé aux cardinaux Talleyrand et Montfort ses protecteurs et put retourner quelque temps encore à sa