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les années, elle devint de plus en plus sa nourriture intellectuelle, et il témoignait sa répugnance pour l'étude du droit vers laquelle on voulait à tout prix le diriger « par désir de lui ouvrir le chemin de la fortune ^ » Pétrarque rapporte une anecdote que les historiens font remonter les uns à l'époque de ses études à Montpellier, les autres à Bologne, et qui caractérise bien la tendance invincible de son esprit. Son père le surprenant dans ses furtives amours littéraires, aurait découvert dans une petite cachette des ouvrages de Cicéron et des poésies latines ; pris de colère en voyant son (ils ainsi distrait des études obligatoires du droit, il jeta tous les livres au feu. Pétrarque nous dit, un demi-siècle après, qu'il lui semblait que ces flammes brûlaient ses chairs. Par ses plaintes douloureuses il calma la colère de son père, qui enfin radouci, retira du feu deux volumes déjà tout noircis de fumée, un Cicéron et un Virgile en lui disant : celui-ci récréera quelquefois ton esprit, cet autre te servira d'aide et de réconfort pendant tes études de droit '. » Fut-ce parce que le jeune étudiant ne tirait