‹ Pétrarque, sa vie et son œuvre;Chapitre 80 sur 188 · De Nolhac, op. cit · texte numérisé non relu

De Nolhac, op. cit

redoublant à Florence, Pétrarque invita Boccace à revenir, « le seul ami qui lui restait alors » depuis la mort récente de Simonide et de Barbato. Toutefois il contracta à Venise de nouvelles et affectueuses relations, avec Donato degli Albanzani qu'il surnommait : Apenniiiigenci, avec le doge Laurenzo Celso, et surtout avec Benintendi de'Ravignani, chancelier ducal, que nous avons vu servir d'intermédiaire entre Pétrarque et la Seigneurie pour le contrat relatif au don de ses livres. Chaque jour, après avoir rempli les devoirs de sa charge, le chancelier se dirigeait avec sa gondole devant la porte de Pétrarque, l'y faisait prendre place et entretenait avec lui d'intéressantes conversations.

A Venise les charges honorifiques ne manquèrent pas au poète. Lorsque la Seigneurie voulut s'attacher le condottiere Luchino dal Verme, elle pria Pétrarque qui l'avait connu à Milan, de lui écrire pour donner plus de valeur à l'invitation. Précédemment, lorsque dans la même intention elle avait pensé à Giberto da Correggio qui était prisonnier à Modène, Pétrarque avait été chargé, non seulement d'écrire mais d'aller dans cette ville pour obtenir sa

liberté \ Plus tard, quand les atfaires s'arrangèrent avec Candie et qu'à cette occasion on donna des fêtes et des réjouissances, Pétrarque y assiste, assis à la droite du doge. A la demande de François de Carrare, seigneur de Padoue, il écrit une longue lettre qui est un véritable petit traité sur les Devoirs et les qualités d'un prince. A Bologne il va voir le cardinal légat et trouve la ville toute ditférente de ce qu'elle était au temps de sa jeunesse. APadoue il célèbre généralement les fêtes de Pâques et passe à Pavie les saisons d'automne comme hôte de Galeas Visconti. Ainsi s'écoulent plusieurs années, sans événements remarquables, que les circonstances d'ailleurs, et son âge ne comportaient plus.

Il est atteint en 1365 d'une insupportable gale qui l'oblige à aller prendre les eaux thermales d'Abano '. Le bruit de sa mort se répand encore une fois, et le Pape confère à un autre le canonicat de Carpentras dont.il n'était pas encore allé prendre possession. Cette conces-

1. Cf. A Gloria. Dociiin. Ined. Arles de Vinsi. vénUien, VI, 5» série. Ou ne croit pas que Pétrarque s'y rendit. Eu tous cas il ne fut pas donné suite à l'afTairc et ce fut Dal Vermu qui fut clioisi et non G. Correggio.

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