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CHAPITRE V

Ce « cassone » offre une frappante analogie de composition avec celui de la collection de M. de Landau, à Florence (gravé p. i). Le développement du sujet est identique : l’Amour poursuit la Chasteté; lorsqu’il aura été vaincu et fait prisonnier, il sera attaché au char de la fiancée ; dans cette poursuite, les deux cortèges rencontrent le char de la Mort, qui vient au-devant d eux. Le char de l’Amour est traîné par quatre chevaux blancs attelés deux à deux; disposition qui se rencontre rarement. Quant aux costumes et aux coiffures, ils se composent de grands turbans en étoffe à fond d’or, richement agrémentés ou bien ornés de plumes, d’amples surcots de brocart d or à grands ramages ou de dalmatiques fendues depuis l’épaule jusqu’au bas, avec des bords parfois dentelés de chaque côté de cette ouverture. Signalons, aux deux extrémités du « cassone », Pyrame et Thisbé et la légende de Narcisse , d’après un fabliau du xiic siècle. A 1 intérieur est peinte une femme nue couchée.

Au Kensington également, un plateau à douze faces a pour héros l’Amour (n° 144-169). Au centre, sur un char compliqué, attelé de deux chevaux fringants, Cupidon, nu, ailé, debout, à l’attitude languissante, tient d’une main la flèche, de l’autre l’arc. Plus bas, trois Amours, de moindre taille, tirent de l’arc. Aux deux angles de devant sont assis, les mains liées derrière le dos, un vieillard et un jeune homme. Autour du char, une foule compacte de seigneurs et de dames, aux riches costumes, converse tranquillement. Au premier plan, Aristote marche à quatre pattes, le mors entre les dents, tandis que la belle Campaspe, assise sur son dos, regarde nonchalamment d’un autre côté; Samson est étendu tout nu sur le sol, tandis que Dalila s’apprête à lui couper les cheveux. — La facture est grossière, de même que l’invention; seuls les costumes donnent du piquant à cette composition, qui, par sa forme, ses acteurs et ses costumes, se rattache aux plateaux du Musée de Turin (voyez p. iq3) et de la collection Wagner.

Le même musée renferme un autre plateau — circulaire — (n° 3g8-i8go), consacré au même sujet. Outre Cupidon, on y voit, au premier plan, Aristote et Campaspe, Samson et Dalila, Hercule; plus loin, Omphale ; puis, à gauche, Virgile suspendu dans un panier. Au revers, est représenté Cupidon, nu, aux ailes éployées, tenant deux écussons.

Dans une autre collection londonienne, celle de M. Wagner, un plateau dodécagonal — le Triomphe de l'Amour — reproduit presque textuellement le plateau de Turin : Dalila y coupe les cheveux de Samson et Campaspe y chevauche Aristote (dans une attitude semblable, ou peu s’en faut, à celle du plateau de la Bibliothèque pétrarquesque de Trieste, où toutefois Samson est imberbe). Au revers de ce « desco » se montrent une

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