CHAPITRE V
grue debout, et, sur un écusson, les trois croissants, armes des Strozzi, ainsi que de superbes fleurs et feuilles éclairées par le disque du soleil
Un Triomphe de la Chasteté orne un coffre de mariage, appartenant à lord Wantage. Le cortège, d’une rare élégance, se dirige vers la gauche. Deux licornes tirent le char, sur lequel deux Amours nus lient Cupidon; en arrière trône la Chasteté1 2 3.
Enfin, l’ancienne collection Francis Cook, à Richmond, renferme un « cassone » orné d’un Triomphe de la Chasteté. Nous décrirons plus loin, dans notre catalogue, cette peinture, attribuée par erreur à Piero délia Francesca.
Une des plus importantes d’entre les peintures de « cassoni » est allée échouer de l’autre côté de l’Océan. Nous voulons parler des quatre panneaux de la collection de Mme Gardner, à Boston, attribués, tantôt à Piero di Cosimo, tantôt àPesellino3. Ils représentent : i° le Triomphe de l’Amour; 20 le Triomphe de la Chasteté et l’amorce du Triomphe de la Mort, qui est incomplet; 3° le Triomphe du Temps; 4° la suite du Triomphe du Temps et le Triomphe de la Divinité. L’attelage des chars se compose des animaux traditionnels, sauf pour la Renommée, qui est traînée par des chevaux blancs au lieu d’éléphants, et qui est assise dans une « mandorla ». comme dans les miniatures du xivc siècle. Quant à la Divinité, elle trône sur une sorte de voûte, non sur un char. Comme variantes, nous noterons la personnification du Temps : celui-ci, un vieillard chenu, ailé, tenant une béquille, est assis sur un fauteuil, tandis que d’ordinaire il se tient debout. Signalons en outre un certain nombre de costumes et d’armures antiques. Mais, plus encore que par leur iconographie, les panneaux de la collection Gardner se distinguent par l’élégance et le charme du style.
En Amérique également, un plateau d’accouchée, faisant partie de la collection Jarves, à New-Haven, retrace le Combat de l’Amour et de la Chasteté. Quatre jeunes femmes s’y évertuent à charger de liens Cupidon debout, nu, les yeux bandés. Deux d’entre elles lui tiennent le bras droit replié derrière le dos ; une autre lui passe un lien autour des ailes ; la dernière entrave ses pieds. A gauche, Diane, armée de l’arc, semble les encourager; à droite, on aperçoit un cavalier, peut-être Mars. Dans les airs voltigent