CHAPITRE V
heurts, notamment dans les têtes de vieillards, qui sont généralement trop grosses. — 1. Le Char de l’Amour, traîné par quatre chevaux fougueux, attelés de front, est surmonté d’un élégant piédestal qui émerge du milieu d’un brasier et dont le sommet, également couvert de flammes, supporte Cupidon. Celui-ci, debout sur un globe, les yeux bandés, tire de l’arc au hasard. Sur le devant du char est assis un vieillard (Adam). Dans la foule, se prélassent : Samson avec sa colonne, des monarques, des jeunes gens et des jeunes filles, d’une grâce achevée. Au fond, s’étend un beau paysage, parsemé de fabriques. — II. Plus élégant encore est le second cortège, qui ne comprend que des jeunes filles. — III. Dans la troisième estampe, consacrée à la Mort, les anges emportent les âmes des bienheureux et les démons celles des damnés ; toutes ces âmes, conformément à la tradition, sont représentées sous forme d’enfants. — IV. La Renommée apparaît dans un disque supporté par un riche piédestal, à sphynx et à dauphins ; d’une main elle tient un glaive, de l’autre une statuette de Cupidon armé de l’arc. Elle fait face au spectateur, ainsi que le char, attelé de deux éléphants plus ou moins conventionnels. L’escorte se compose de cavaliers et d’amazones. — V. Les deux cerfs traditionnels traînent le char du Temps : un vieillard ailé, appuyé sur deux béquilles. A ses côtés sont posés deux sabliers; des oiseaux sillonnent l’air ; un jeune garçon et un chien marchent à côté des cerfs. L’escorte se compose de vieillards, d’hommes dans l’âge mûr, d’adolescents. — VI. Sur un autel, que traînent les Evangélistes et qu’escortent les Apôtres, des prophètes ou des saints, se dresse le crucifix soutenu par Dieu le Père et entouré d’anges. A gauche et à droite se montrent le soleil et la lune, et, en avant, les quatre symboles des Evangélistes.
Le tempérament du graveur de la suite conservée au British Muséum est plutôt lyrique que dramatique : où il excelle, c’est dans l’évocation des processions de jeunes filles ou dans les chœurs d’anges.
Une autre suite, en six pièces, se distingue par ses légendes empruntées aux six premiers vers de chaque Triomphe'. Les attelages des chars se composent tantôt de deux, tantôt de quatre animaux. Nous avons déjà noté que, dans le Triomphe de la Renommée, celle-ci est renfermée dans un disque, comme dans les miniatures du xive siècle. Parmi ses compagnons, on remarque Hercule et Samson. Dans le Triomphe de la Mort, trois anges conduisent au Paradis les bienheureux, tandis qu’un démon pousse les damnés dans les bras de trois de ses compagnons. Le Triomphe du Temps
. Bartsch, t. XIII, p. 277 et suiv. — Passavant, t. V, p. 71.