A Guillaume de Pastrengo
Cura secunda domus mihi par, quam marmore raro {Sæpe tuos operi questus procul abfore montes,
Aut Athesim rectis non hic descendere ripis) Exorno, coleremque magis ; sed carminé Flacci Terreor, ac busti admoneor, cogorque supernæ Interdum meminisse domus, et parcere saxis,
Inque usus servare alios.
( Carmina , livre II, ép. xvii. — Cf. les Poemala minora, éd. Rossetti, t. II, p. 1 86.)
3. Carmina, livre III, ép. iii. — Cf. de Sade, Mémoires , t. II, p. 3ii.
4. Sur Pétrarque jardinier, voyez la dissertation de M. de Nolhac: Pétrarque et l'Humanisme, p. 385- 393. — Le poète fait l’éloge des « viridaria » dans le De Remediis (livre I, ch. i.viii), où il bafoue et conspue tant d’autres arts.
5. On a prétendu que l’ancêtre des humanistes avait éprouvé une vive émotion devant les nombreuses inscriptions latines de Narbonne et devant les deux monuments qui existaient encore en 1 33o, le pont sur l’Aude et le Capitole, enfin devant le Capitole de Toulouse (Renan, Discours sur l'état des beaux-arts àu XIV* siècle, dans l'Histoire littéraire de la France au XIVe siècle; 2e éd. , t. II, p. 77); mais cette assertion a été réduite à néant par M. de Nolhac ( Pétrarque et l’ Humanisme, p. 41 3).
Rome , Pétrarque n’avait encore qu’une idée confuse de l’écrasante .supériorité de l’architecture romaine, tandis qu’après, le souvenir radieux des merveilles de la Ville Etemelle faisait pâlir à ses yeux les créations W ■ quelque brillantes qu’elles fussent — éparpillées dans le reste de l’Italie ou de la Gaule. En outre, ces monuments — en dehors de l’arc ■d’Orange, rattaché à Marius par la tradition — n’évoquaient pas de souvenirs aussi retentissants que ceux de l’Italie
Si, au moment de quitter le Comtat Venaissin pour suivre Pétrarque en Italie, nous nous demandons quelles traces le fondateur de l’humanisme laissa de ce côté-ci des Alpes, nous arrivons à la conviction que son influence s’exerça principalement dans le domaine de la littérature. Mais là elle fut décisive. L’art n’eut son tour que longtemps après.
Un de ses plus fervents disciples fut le Bénédictin Pierre le Bercheur ■ou Bersuire, qu’il connut à Avignon, où ce savant résidait, en qualité -de secrétaire du cardinal Desprès “. Bersuire y composa, entre i32o et 1340, son Reductorium morale, dont un fragment, le commentaire sur les Métamorphoses d’Ovide, semble procéder du troisième chant de V Africa 3 *.
Un autre littérateur français considérable, Jean de Montreuil, vénérait Pétrarque à l’égal d’un auteur classique +.
Nous trouvons, en outre, le maître en relations avec Philippe de Vitri, Nicolas Oresme, qui traduisit son traité De Remediis, Philippe ■de Maizières, Jean Birel 5.
On sait, d’autre part, que Jean le Bon et le Dauphin, le futur Charles V, ne négligèrent rien pour fixer Pétrarque auprès d’eux. Un appel lui fut adressé en i35n ; un autre en i36o, lorsqu’il vint à Paris comme ambassadeur de Galéas Visconti 6.
Le fait que deux de ses ouvrages, le Traité des Remèdes de l’une et de l’autre Fortune et les Sept Psaumes de la Pénitence, figuraient dans la bibliothèque du duc Jean de Berry, prouve que cet amateur, le plus fin et le plus ardent du xivc siècle, lui rendait également hommage 1 2 .