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CHAPITRE PREMIER

goûts, le poète affirmait ses instincts de bâtisseur. 11 rêva d’élever dans son jardin un sanctuaire à la Vierge, ainsi qu’il nous l’apprend dans son traite de la Vie solitaire, dédié à son ami et voisin Philippe de Cabassole. Mais ce projet n'eut pas de suite Plus tard, à Parme, il s’occupa de construire et d’embellir une maison destinée à son usage personnel1 2 * * 5. Il fit davantage encore à Arqua, où il se créa une habitation de tout point confortable. Jusque dans son testament éclatent ses prédilections pour les œuvres de pierre : il y choisit pour sépulture la petite chapelle qu’il faisait édifier en l’honneur de la Vierge.

Il y avait un autre art encore, qui dès lors passionnait le poète : c était l’art des jardins. A Vaucluse, il s’épuisa en efforts pour établir des jardins artificiels et, avec une ténacité rare, disputa aux nymphes de la Sorgue les terrains destinés à recevoir ses plantations de lauriers h Par la suite, partout où il dressa sa tente, il s’empressa de l’entourer d’un « hortus » et d’un « viridarium ». Ainsi à Parme, ainsi à Carigliano, ainsi à Arqua b

Une anomalie, déjà signalée par nos prédécesseurs, c’est l’indifférence de Pétrarque pour les splendides ruines romaines de la Provence, poulies temples, théâtres, amphithéâtres, arcs de triomphe, ponts, viaducs et autres chefs-d’œuvre de l’architecture classique, si nombreux encoie de son temps autour d’Avignon : à Nîmes, à Arles, à Cavaillon, au pont du Gard; puis, en remontant vers le Nord, à Orange, à Vienne et en vingt autres endroits. Même silence au sujet de Toulouse, que l’humaniste traversa en i33o, à l’occasion de son voyage à Lombez ’.

A notre avis, ce silence s’explique aisément : avant d’avoir visité

1. « Adest tibi tuus, Sorgia, rex fontium, ad cujus murmur hæc tibiscribo... (Aras) quas ego jatnpridem, Christum testor, si qua voto facultas affulserit, illic in hortulo meo, qui fontibus imminet, ac rupibus subjacet, erigere meditor, non Nymphis, ut Seneca sentiebat, neque ullis fontium fluminumque nurninibus, sed Mariæ. » ( Vit a solitaria, livre II, ch. u ; p. 287 de l’éd. de 1 58 1 .)

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