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CHAPITRE VI

XVIe siècle. La seule miniature dont il est orné, le Triomphe de l'Amour , est des plus originales : à gauche, dans le fond, est assis Pétrarque, un livre ouvert sur les genoux et déduisant sur ses doigts on ne sait quel argument. Le voisinage de l’aigle, qui voltige à ses côtés, le fait ressembler à saint Jean l’Evangéliste. Près de lui, un char, maladroitement construit et attelé de quatre chevaux (l’artiste s'attaque à la perspective, mais sans succès aucun : les chevaux du premier plan sont au moins deux fois plus grands que ceux du second), porte Cupidon et Vénus, tous deux dépouillés de vêtements, sauf une petite ceinture qui couvre les reins du jeune dieu.

LE TEMPS VICTORIEUX DE LA RENOMMÉE Miniatures de G. le Batave.

(Bibliothèque de l’Arsenal, n° 6480.)

Celui-ci tient d’une main l’arc, de l’autre une poignée de flèches. Vénus, nue, longue et maigre, avec des pieds qui n’en finissent pas, se regarde dans un miroir, tout en tenant nonchalamment une torche. Au premier plan, portant des costumes qui sentent encore le xve siècle, se prélassent « Tisbe et Piramus », Pâris, Hélène, et un groupe d’autres personnages ayant tous le cœur frappé d’une flèche.

Nous signalerons encore, dans la collection Goldschmidt, à Francfort, des miniatures françaises du commencement du xvi° siècle, d’une exécution fort grossière, mais d’un véritable intérêt iconographique. Le char de l’Amour, attelé de deux singes, y supporte un vase rempli de fleurs (légende : « Pot aux Roses »). Derrière le char, on voit les «Amys par Amours » : « Philis, Porcia, Thisbé, Vertu (enchaînée), Dido » (le cœur percé d’un poignard); puis, plus à droite, les « Amys par argent » : couples de seigneurs ou de

LA FRANCE

moines comptant de belles pièces d'or dans la main de dames peu cruelles ; « Avarice » portant un drapeau orné de cœurs et d’autres emblèmes. Sur le sol gît un Amour nu, enchaîné, couché sur le dos; à côté de lui sont étendus un gantelet, des ailerons et autres emblèmes, pour ne point parler de banderoles portant les inscriptions : « Missives,’

Honeur, Prières, Honesteté, Épistres, Beaulté. »

Dans la seconde miniature, le char, attelé de deux licornes, est occupé, non par la Chasteté, mais par un roi, qui tient par la main l’Amour, debout à côté de lui ; un autre Amour est assis enchaîné sur le devant du char. Le cortège se compose de femmes , dont plusieurs portent des instruments de musique («Sobriété», etc.).

Plus bas est représenté un affreux ravin , peuplé de serpents et d’autres monstres ; entre les interstices des rochers se débat une malheureuse femme, tandis qu’une autre gît inanimée. Une tète bouffie, représentant le Vent, souffle sur cette scène d’horreur. — Les costumes appartiennent au règne de François Ier et l'exécution, des plus rudimentaires, ne saurait remonter plus haut qu’aux dernières années de ce règne.

LE TRIOMPHE DE L AMOUR Miniature française du xvie siècle.

(Bibliothèque Royale de Munich.)

En Angleterre, l’ancienne collection Thomas Philipps, à Cheltenham, renferme un manuscrit français du xvic siècle (n° 1926), représentant « les six Triumphes de Messire Françoys Pétracque (sic) ». Le miniaturiste y a jugé à propos de supprimer les chars, tout comme les cortèges, et de borner son interprétation, véritablement terre à terre, au héros de chaque scène,

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