‹ PétrarqueChapitre 226 sur 252 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Les six estampes de Martin van Heemskerk (1498-1574), tout factices, vides et glaciales qu’elles sont dans certaines parties, témoignent du moins d’un effort loyal pour renouveler l'interprétation du poème. Avec elles, la décadence est irrévocablement consommée; aussi sera-t-il. sage de nous limiter à quelques notes iconographiques succinctes. Dans le second Triomphe, la Pudicité se montre sous les traits d'une vieille femme, armée d’un goupillon; sa suite se compose de Scipion, de Joseph, de Suzanne, de Judith,

LE TRIOMPHE DE l’ AMOUR Gravure sur bois allemande anonyme.

de la Continence, de la Tempérance, etc. Particulièrement saisissante est l’illustration de la Mort, avec son attelage de taureaux, l’un bondissant, l’autre traînant les jambes ; signalons-y un motif curieux : le médecin, en bonnet de docteur, qui se sauve, une fiole à la main. Le cortège de la Renommée ne comprend, comme personnages désignés nommément, qu’Alexandre le Grand, Jules César, Platon et Caton. C’eût été cependant une belle occasion pour faire de la mise en scène! Le Temps trône sur un char orné de toutes sortes d’emblèmes : sabliers, boussole, balance ; sur son passage tout s’écroule : pans de murs, arcades, colonnes. A ses côtés courent : le Printemps, un jeune homme nu, portant un arc et un faucon ; l'Eté, un homme dans la force de l’âge, également nu, des épis à la main; l’Automne,

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