‹ PétrarqueChapitre 228 sur 252 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Voici d’abord, au Musée de Cologne (nos 556-55y), deux peintures sur bois, fort médiocres, exécutées par quelque élève ou imitateur d’Holbein' : le Triomphe de T Amour et le Triomphe du. Temps. — I. Cupidon, nu, sans bandeau, mais muni d’ailes jaunes, bordées de bleu, tient son arc bandé ; un carquois plein de flèches pend à son côté. Il est debout, le pied droit levé, sur un cheval brun, de la même couleur que le cerf que nous rencontrerons tout à l’heure dans le second tableau. Entre les pieds du cheval est assis un jeune homme ; près de lui est couché un roi, la couronne en tête, le globe dans la droite, le glaive à la ceinture; derrière lui, on voit, également couché, un homme coiffé d’un turban ; à gauche, au second plan, s’élève le temple de la Pudicité, contenant dans une niche la statue de Vénus, nue. — II. Le Temps, un jeune garçon vêtu de rose, tient de la gauche une épée, de la droite une horloge. Il est monté sur un grand cerf brun, lancé au galop. Entre les pieds du cerf est étendue une jeune femme, aux ailes roses.

Quelques gravures allemandes anonymes, fort mouvementées et aux raccourcis audacieux, mais d’un travail rude et heurté, avec de nombreuses fautes de proportion, illustrent les quatre premiers Triomphes1 2. — I. Le char de Cupidon est accompagné de nombreuses victimes enchaînées : Jupiter, Ulysse, Néron, Auguste, David (choix assez arbitraire, on le reconnaîtra). Au fond, s’élève le « Templum Veneris »; vers le centre, apparaît Pétrarque, en société d’une ombre, comme dans les vignettes vénitiennes (p. 258). — II. La scène ne manque pas d’animation : « Laura » trône, tenant d’une main une chaîne, de l’autre une palme. « Didron » tient haut et ferme l’étendard à l’hermine; Joseph fait triste mine, dissimulé derrière les licornes; Pénélope, Lucrèce et Scipion marchent côte à côte; Judith porte l’épée. — III. La Mort, sur un char traîné par des buffles au galop, brandit sa faux, d’un mouvement superbe, pour frapper Laure, debout devant elle. Pénélope, Lucrèce et une infinité d’autres personnages, surtout des papes, des cardinaux et des prêtres, s’enfuient affolés ou bien déjà gisent sur le sol. — IV. Le char, attelé de quatre éléphants, s’avance comme d’ordinaire, droit sur le spectateur; la Renommée (« Fama ») sonne de deux trompettes. A gauche, marchent « Josua, Mose, Plato », et d’autres personnages en costume du xvie siècle; à droite, « Af. Scipio, Julius, Scipio». Josué porte un soleil sur son casque; Platon est couronné de lauriers.

1. Frimmel, Beitrœge einer Ikonographie des mands , t. IV, p. 90 (Ea, 25 d). Ces gravures sont

Todes, p. 53. reliées à la suite de l’œuvre de Jost Ammann, mais

2. Cabinet des Estampes. Vieux maîtres aile- il est peu probable qu’elles soient de lui.

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