CONCLUSION
groupes superbes : c’est ainsi qu’il place, à la suite du char de la Mort, le féroce Mars, Atropos avec ses ciseaux, une femme armée d’une torche et d’autres figures allégoriques pleines de mouvement et d’éloquence. C'est ainsi encore qu’il fait trôner les trois Vertus théologales sur le char de la Divinité, qui est traîné, comme d’ordinaire, par les symboles des Quatre Évangélistes, et qu’il range dans le cortège le patriarche Noé portant l’arche.
C’est avec les créations, toutes deux si dignes d’estime, du Tempesta et de Sarazin, que finit l’illustration du plus brillant des poèmes de Pétrarque Pendant plus de deux siècles, les héros et héroïnes des Trionfi avaient charmé l’Italie et, à sa suite, tous les pays de civilisation classique. S’ils furent délaissés à la longue, cela ne tient pas tant au caractère allégorique du poème, qu’au sentiment religieux dont il est si profondément pénétré. L’art religieux lui-même agonisait (sauf dans les Flandres, où seul un Rubens aurait pu renouveler le thème — il n’y a pas songé ! — la Hollande et l’Espagne) : qu’eût pu attendre d’interprètes aussi insuffisants une fiction qui n’intéressait pas directement le culte ?
N’importe : parmi les innombrables titres de gloire conquis par Pétrarque, ce n’est pas un des moindres que d'avoir inspiré, trois siècles durant, tant de grands artistes, dont les illustrations ne cesseront de charmer la postérité.
i . Assurément, l’on pourrait citer encore l’une ou l’autre œuvre d’art consacrée à Pétrarque pendant le cours du xvii0 siècle, mais toute autorité en a disparu. Telles sont les peintures exécutées à cette époque dans le vestibule de la maison du poète, à Arqua («Triumphos ab eo decantatos expressit pictor » : Tomasini, Petrarcha redivivus, p. 124).
Le peintre Pieter van Lint (1609-1670) semble avoir peint, de son côté, soit pendant son séjour en Italie, soit après, une suite de Triomphes, dont on ne connaîtplus qu’une seule pièce :1e Triomphe de la Mort. Ce tableau, sur toile, est conservé à Vienne, dans la galerie du prince Schwarzenberg (larg., im 1 8 ; haut., o™87). On y voit, presque au milieu, le char attelé de quatre chevaux blancs. Cupidon y est debout sur le globe du monde. Devant lui, Jupiter ;
à gauche, Mars et Vénus, Hercule et Omphale ; plus loin, Neptune avec plusieurs autres personnages. Au premier plan, Pyrame et Thisbé. A droite, au second plan, Apollon, Junon, Mercure, un satyre et d’autres figures. (Th. de Frimmel : Chronique des Arts , 1890.)
Quant aux sept pièces de l’ Histoire des Triomphes de Pétrarque, livrées en 1609 par le tapissier bruxellois Martin Reymbouts, ce n’étaient, selon toute vraisemblance, que des répliques d’une tenture plus ancienne. (Wauters, Les Tapissiers bruxellois, p. 295,426-427. Bruxelles, 1878.)
Rappelons enfin qu’un Triomphe de la Mort fut représenté à Plaisance, dans l’église Saint-Georges, en i665. (Vigo, Le Dan\e macabre inltalia; 2e éd., 1901, p. 72.)
ÉPISODE DU TRIOMPHE DE l’aMOUR (Edition Romain Morin. Lyon, i53i.)
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