De Nolhac, p
chevaux du Quirinal, le Regisol de Pavie, les Chevaux de Saint-Marc de Venise.
Quelle idée Pétrarque se faisait de la richesse des matériaux mis en œuvre par les anciens, il le montre dans ces vers de X Africa, où il admire « les hautes tours de marbre massif qui dominent les entrées et les barrières de fer des portes et les bastions qui garnissent toute l’enceinte1 ».
L’architecture carthaginoise lui apparaissait comme la plus somptueuse de toutes. A l’entendre, le palais de Syphax et de Sophonisbe resplendissait d’or et de diamants semblables à des étoiles2.
De même, après avoir signalé la noble simplicité du costume romain, il célèbre les raffinements du costume africain. D’un côté, c’est le grand prêtre, la robe serrée par une ceinture suivant l’usage3; de l'autre, Sophonisbe, emprisonnée dans un corsage de pourpre tissu de diamants.
. variis . purpura gemmis
Intertexta tegit reginæ pectora mœstæ ‘K
L’analyse de XAfrica , composée en l’honneur de Scipion l’Africain, ne peut que nous confirmer dans notre appréciation du rôle de Pétrarque en tant que précurseur de l’archéologie classique3.
Dans cette brillante évocation de l'Afrique carthaginoise, le poète, sans atteindre encore à la précision et à la virtuosité des descriptions d’un Gustave Flaubert, s’efforce déjà d’en différencier la civilisation d’avec celle des compatriotes de Scipion. Sa Sophonisbe est une ancêtre, un peu vague et vacillante encore, de Salammbô.
Voici, pour commencer, comment il conçoit l’iconographie, le costume, les attributs, des douze Dieux de l’Olympe :
« Pendant que Lelius et sa suite parcouraient d’un regard rapide les douze signes du firmament, émerveillés de l’œuvre et en examinant les détails, de tous côtés se dressaient, étincelantes d’or, les statues des dieux et les images des anciens héros accompagnés de leurs exploits. Au premier rang, le grand Jupiter était assis sur son trône auguste, tenant en main le sceptre et la foudre; devant lui, son écuyer rapide élevait dans ses serres,