‹ PétrarqueChapitre 81 sur 252 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Qu’un portrait de Laure ait été exécuté du vivant même de cette belle par Simone di Martino, nous le savons, grâce au témoignage de Pétrarque lui-même. Ce portrait, le poète l'a célébré dans plusieurs sonnets (voy. ci-dessus). Mais il était peint sur parchemin ou sur papier (« îvilavide e la ritrasse in carte1 2»). C’était donc une miniature, et une miniature de petite dimension, telle que Pétrarque pùt la porter constamment avec lui .

Ce que cette effigie est devenue, nul n’a pu le déterminer jusqu’à présent. Avec une sage réserve, M. de Nolhac affirme qu’en tout cas, si le portrait de Laure n'a pas été détruit, c'est dans un des manuscrits égarés de la bibliothèque du poète-humaniste qu’on aura quelque chance de le retrouver ’.

L’imagination de toute l’Italie, — bien plus, de l’Europe entière — s’était trop passionnée pour qu’il ne se tissât pas autour de l’idole de Pétrarque toutes sortes de fraudes plus ou moins pieuses.

Dès la fin du xv° siècle ou le commencement du xvi°, une légende s’était formée au sujet du portrait, plus ou moins hypothétique, de Notre- Dame-des-Doms, où Laure passait pour être figurée sous les traits de sainte Marguerite. (Il nous paraît douteux, quant à nous, que la jeune femme, au sujet de laquelle Pétrarque observa la plus rigoureuse des réserves, permît qu’on exposât ainsi son effigie à tous les regards. ) -

De cette fresque dérive, selon toute vraisemblance, le portrait jadis conservé à Padoue, dans la collection de Pierre Bembo4. (La sainte Marguerite mentionnée à ce sujet est probablement identique à la jeune princesse délivrée par saint Georges : la présence du dragon, un des attributs de la sainte, aura provoqué cette confusion.)

Une lettre de i5o6, aux Archives d’État de Florence (fonds Strozzi), écrite par Giovanni Ruccellaï à Lorenzo Strozzi, à Venise, mentionne une autre peinture conservée à Avignon et regardée comme l’effigie de Laure. Nous en donnons en note le texte3.

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