CHAPITRE II
nature, vêtue de vert, ayant une petite flamme entre la poitrine et la gorge'. » Mais tout plaide contre cette double attribution. Il est d’ailleurs certain que les peintures de la chapelle des Espagnols ne sont pas de Simone.
Même observation pour la Madone peinte à Sienne par Simone, et qui passe pour le portrait de Laure ( D Auriac, p. 14). Il existe effectivement, au Palais public de Sienne, une Madone de la main de Simone, mais elle date de 1 3 1 5 environ, c’est-à-dire d’une époque où Pétrarque ne comptait que sept ans !
Les recherches instituées par Vellutello, au début du xvie siècle, dans le Comtat-Venaissin, avaient ramené l’attention sur la famille et la personnalité de Laure, quand une découverte retentissante sembla trancher définitivement le problème qui avait si longtemps préoccupé l’Europe lettrée : en 1533% le Lyonnais Maurice Scève entreprit des fouilles dans l’église des Cordeliers d’Avignon et annonça qu’il avait retrouvé le tombeau de la maîtresse de Pétrarque.
Rien de plus énigmatique que le récit de cette découverte, telle que nous la présente l’imprimeur Jean de Tournes dans son édition de Pétrarque , publiée à Lyon en 1 5q5 3 4. Les invraisemblances et les contradictions y foisonnent.
D’après Tournes, Scève, alors fixé à Avignon, se serait résolu, sur les instances du Florentin Geronimo Mannelli et d’un autre Italien, Bontempo, vicaire du cardinal de Médicis, archevêque d’Avignon, à explorer toutes les sépultures anciennes de cette ville; finalement le hasard lui aurait fait trouver, dans l’église Saint-François, Ile tombeau cherché1 2.
Ayant fait ouvrir ce tombeau en présence du vicaire, il y découvrit une boîte en plomb contenant un parchemin sur lequel était écrit un sonnet, plus une médaille de bronze, sur une des faces de laquelle se voyait une
trouvée
dans le tombeau de Laure.
D'après Simoni.