‹ PétrarqueChapitre 85 sur 252 · Éd. Milanesi, t. T, p. 55o-55i. Voy. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Éd. Milanesi, t. T, p. 55o-55i. Voy. ci-dessus, p

2. Joseph-Marie Suarès, dans sa lettre à Tomasini ( P’etrarclia redivivus, p. 104), rapporte que la découverte eut lieu en 1529. Cf. p. g'i et suiv.

3. De Sade, Pièces justificatives, t. II, p. 1 3 ; t. III, notes, p. 38-41.

4. « Dopo haver cercato tutti i battisteri de’ Castelli e luoghi circonvicini, e non ne ritrovando nova che si confacesse el vero si mettesti a cercare tutte

le sépulture antiche, e continuando in cosi lodevole fatica, nel convento di S. Francesco, nella capella di Santa Croce ... trovasti una pietra grande senza alcune lettere... »

Luigi Beccadelli, archevêque de Raguse, qui écrivait en i539, se borne à dire que le tombeau fut ouvert par hasard : « aprendosi a caso quell’ area, ne sapendo di chi fosse. »> (Tomasini, Petrarcha redivivus, p. 223. — De Sade, t. I, p. 25-26.)

L’ICONOGRAPHIE DE LAURE

femme de très petite dimension, ouvrant de ses deux mains sa robe sur sa poitrine. Autour de cette médaille étaient les lettres « M. L. M. I. », que Scève lut : « Madonna I.aura Morta Jace. »

Mais, répondrons-nous à Jean de Tournes, pourquoi Scève se serait-il donné tant de mal pour découvrir le lieu de la sépulture de Laure! La note de Pétrarque, publiée, comme il a été dit ci-dessus, dans plusieurs éditions du Cancanière, ne laissait aucune place au doute : elle disait formellement que Laure avait été enterrée dans l’église des Cordeliers. L’hésitation n’était pas possible.

Il y a pis : le tombeau ouvert par Scève , ce tombeau sans inscription , sans signe extérieur, sauf deux écussons gâtés par le temps et surmontés d’une rose, était-il bien celui de l’amante de Pétrarque? L’on en pouvait douter à bon droit. Aussi Scève jugea-t-il prudent d’étayer sa découverte par d’autres preuves. Il produisit à l’appui de sa thèse la médaille et le parchemin qu'il prétendit avoir trouvés dans le cercueil.

Ces indices étaient bien faibles, on l'avouera : ce qui ajoute encore à l’incertitude, c’est que le sonnet, au témoignage unanime des critiques modernes, n’a rien à voir avec Pétrarque. Quelle vraisemblance, d’ailleurs, que l’on eût rouvert après coup le tombeau d’une pestiférée (Pétrarque se trouvait

PRETENDU PORTRAIT DE LAURE (Musée d’Avignon, n° 3y2.)

à Vérone au moment de l’ensevelissement de Laure), pour y déposer une poésie !

Bien plus : la soi-disant médaille du xive siècle, trouvée dans le tombeau, ne date en réalité que du xvi*.

A peu de temps de là, François Ier, qui revenait de l’entrevue de Marseille , passa par Avignon : séduit par le bruit de la découverte de Scève, il fit ouvrir à nouveau le tombeau et composa la fameuse épitaphe :

En petit lieu compris vous pouvez voir Ce qui comprent beaucoup par renommée, Plume, labeur, la langeur et le savoir Furent vaincus par l’aymant de l’aymée.

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