‹ PétrarqueChapitre 86 sur 252 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

O gentil Ame estant tant estimée, Qui te pourra louer qu’en se taisant?

Car la parole est tous jours reprimée, Quand le subjet surmonte le disant.

C’est ainsi qu'en 1641, J. -J.

Quoiqu’il soit bien établi que le tombeau de l’église des Cordeliers n'avait pour tout ornement que deux écussons, de prétendues copies d’une prétendue effigie de Laure, sculptée ou peinte sur ledit tombeau, circulèrent au xvii* siècle.

Bouchard, un des principaux correspondants de Peiresc, disposa par testament d’une « effigies Lauræ Sadæ Petrarchæ amasiæ ab ejus sepulchro diligenter expicta » ",

Il nous reste à passer en revue quelques portraits, plus apocryphes encore, de l’héroïne du Cancanière,

Voici d’abord un tableau à l’huile, du xvi' ou du xvii' siècle, représentant une femme de profil, une fleur à la main, et faisant partie du Musée Calvet, à Avignon ( n° 472 ; gravé dans le Peirarcha redivivus deTomasini, et sur le frontispice des Mémoires de l’abbé de Sade). Cette peinture, qui pourrait à la rigueur reproduire une fresque du xiv* siècle, n’offre aucun trait de ressemblance avec les documents ci-dessus analysés, M. Bayle in¬

PRÉTENDU PORTRAIT DE LAURE (Miniature de la Bibliothèque Laurentienne.)

cline à y voir l’effigie de Catherine de Cabassole de Réal'.

Citons encore, au Musée Calvet, les portraits réunis de Pétrarque et de Laure (n° 473; xvi' ou xvn° siècle). Laure y a le même type que dans la miniature de la Laurentienne; Pétrarque, de profil, n’offre pas grande ressemblance avec les portraits authentiques. Au même musée se trouve (n° 474) une autre effigie de Pétrarque dépourvue de toute sincérité.

Quant au portrait, très ancien, de Laure, que l’Arétin se vantait de posséder'3, l’on ignore quelle en était la valeur iconographique.

L’on a fait quelque bruit récemment autour d’une médaille ou plutôt

i. Tamizey de Larroque, Deux Testaments inédits ; Tours, 1886, p. 7; extrait du Bulletin critique.

2. Bulletin historique, archéologique et artistique de Vaucluse , 1880, p. 227-251.

L'ICONOGRAPHIE DE LAURE

Si

d’une plaquette en plomb, portant l’inscription : « A Laurea Noves relicta Ugone di Sade a Franc. Petrarc. amata. » Mais c’est là l’œuvre d’un faussaire moderne, qui s’est borné à surmouler la médaille d’Hippolyte de Gonzague et à l’enrichir d’une inscription différente

Nous regrettons de terminer ce chapitre par une conclusion négative :

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