‹ Pétre Ivanovitch, suite du Gilblas russeChapitre 18 sur 67 · PRIX IVANOVITCH · texte numérisé non relu

PRIX IVANOVITCH

«plkjoé tout cela Mais comment s'appelle votre général en chef ? C'est un nom difficile à retenir.

— Barday de TolFy. C'est un homme bon, honorable, fort brave , et avec cela un grand génie militaire. Il a été simple soldat; if confiait les besoins du soldat, et il est avare de leur sang.

— - Et oo nous avait parlé de trahison ! Mais les moyens de n'y pas croire en voyant famée se retirer toujours, abandonnant aux damnés les villes russes et nous-mêmes f Dieu sait ce qu'il faut croire, et à qui 5

— Je vous l'ai dit , ayez confiance aux choix de l'empereur, et non pas aux sots propos des malveillans. Le tsar est le père de la Russie ; le salut du pays lui donne un million de fois plus de tracas qu'à nous.

— C'est sûr, Barine ! Que Dieu lui prête santé ! dit la foule.

— Ah ça! adieu, enfans, dit Vyjighine en remontant à cheval ; frappez vertement les Français quand ils viendront de ce coté; suivez mes instructions, et ne croyez plus h la trahison. Je me flatte que bientôt vous entendrez parler de nos victoires , et que

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l'ennemi laissera ses os dans nos champs.

Vyjighine, remercié, salué et béni par les paysans, sortit du village avec ses deux guides. A dix verstes de là , au coin d'une forêt , Vyjighine entendit une fusillade et des cris. Il poussa son cheval et arriva dans une clairière, d'où il vit un escadron de chasseurs à cheval français qui échangeaient des coups de feu avec des Cosaques. Les Français surpassaient en nombre les fougueux Cosaques , qui les harcelaient de çà de là , en tête et en flanc , et fondaient séparément sur leurs rangs. Vyjighine se trouvait à l'arrière des Français.

«—Mes enfans, dit-il à ses deux guides, tombons sur les infidèles! Vous voyez que nous pouvons au moins leur donner une alarme ; les Cosaques ne nous laisseront pas massacrer.

— Tout comme tu voudras, Barine, répondirent les deux déterminés.

— Eh bien , voyons ; élançons-nous sur le bord du bois, tirons sur les Français; crions houra ! comme quarante, et faisonsnous jour tous trois jusqu'aux Cosaques. Allons, camarades, en avant!

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Sitôt dit, sitôt Eut. Les Français , étonnés de l'explosion inattendue et des cris de nos imprudens , s'imaginèrent que les Cosaques les avaient amusés jusque là pour mieux les surprendre en queue. Le chef de l'escadron français commanda soudain la retraite ; il se rangea soudain pour garantir son monde du côté p?r où venait ce qu'il croyait être l'attaque sérieuse. En ce moment les Cosaques y encouragés par cette retraite imprévue de Français , et par l'idée qu'il paraissait un renfort considérable , serrèrent de près les ennemis , les troublèrent , les mi* rent en fuite, en tuèrent plusieurs, et firent des prisonniers. Comme on apercevait de loin un renfort véritable de Français pour l'escadron en retraite, les Cosaques lâchèrent prise, et revinrent sur le lieu du combat avec leurs prisonniers.

Quel fut leur étonnement quand, au lieu du renfort qu'ils croyaient leur être arrivé à eux-mêmes , ils virent revenir à leur suite trois cavaliers couverts de sang et de poussière ! Vyjighine descendit de cheval ; et sautant au cou de l'officier de Cosaques ,

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s'écria : — Grâce à Dieu*, me voici enfin rallié à notre armée i

Bientôt )f affaire s'édaircit. Les Cosaques ne pouvaient revenir de tant d'audace de kl part tant de l'officier de hussards que de ses deux guides9. lis embrassèrent et baise* rent ces deux intrépides villageois, et saluèrent Vyjighine d'un cri général de hottra! Au loin s'éleva une épaisse fumée, que 1 officier de Cosaques dit être un signal à eux de retourner promptement à Viazma. Déjà la grande armée russe s'étendait vers Ojatsk *% et l'arrière-garde seule contenait les Français sous Viazma ". Le cœur de Vyjighrae battit avec force en s'approchant de l'armée, et surtout au moment où il vit briller les baïonnettes. Ses yeux s'humectèrent de larmes ', il sentit 9 à la vue des coloones ruâtes», la même joie qu'éprouve le voyageur ne» voyant sa patrie après une longue *tf pé» rilleuse navigation , et reconnaissant sur le rivage les paréos , iss amis chers à soneœur, qui lui tendent les bras. Vyjjgbine «mit soa cheval au grand galop. Le 'pont était ea proie aux flammes, le faubourg brûlait, 1 W iftntçiie tiraillait avec les Français. Vyjfi»

ghine entra dans la ville , et retrouva son régiment, qui marchait lentement. Il entra aussitôt dans les rangs et se présenta au colonel.

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