‹ Pétre Ivanovitch, suite du Gilblas russeChapitre 37 sur 67 · LE PAYSAN · texte numérisé non relu

LE PAYSAN

Oh! celui-là est un barine russe !

un soldat, quivenait d'arriver dans le

groupe.

Amis , nos blessés sont transportés à Mojaïsk , et devant cette ville tout se prépare pour arrêter Tenneini.

UN MARCHAND

Ainsi, les nôtres continueront de se défendre, ils vont tenir ferme. O mon Dieu, je te remercie!

UN AUTRE

En ce cas, Moscou est sauvée! Allons faire dire des messes.

UN AUTRE

Et une panichide 6 pour les morts.

Il passait en ce moment des télègues pleines d'officiers blessés. Quelques uns étaient à cheval. Un homme en caftane russe s'élança du milieu de la foule vers Ui* officier de hussards blessé, et dit :

PKTRE IVAKOVITCH. l6l

— Tonte sorte de bien vous soit départi; Pétre Ivanovitch, gloire à Dieu, vous en avez réchappé ! Vous ne vous souvenez pas de moi ? je suis Ivan Pétrof, le gardien de l'hôtel de monsieur votre père.

— Où est mon père? dit Vyjighine, enchanté de cette rencontre.

— Il est parti avant-hier, avec mademoiselle votre sœur, pour Kalouga, répondit Pétrof. Ah! monsieur, que vous avez fait couler de larmes par votre silence ! On pensait que vous aviez été tué en Pologne. Votre père a reçu de l'armée une lettre qui disait que vous aviez été perdu de vue par les vôtres dès ie premier combat. Vous ne sauriez croire combien il a pleuré! et mademoiselle donc! oh! la pauvre enfant! Votre frère aussi est blessé ; il était ici , et il a rejoint son régiment en faisant un détour par Pétersbourg pour gagner Polotsk, où se trouve le comte Vitghenstein... Ah! que votre père va être content! comme votre sœur va sauter de joie! Mais, venez, de grâce, à F hôtel. Les appartemens sont fournis de tout. Monsieur votre père l'a destiné à loger cinquante blessés, qui y seront nourris

iBa PKUE MAKQVIWH.

et&flp}és>kse&rirAh. H;y a dçjà quelques joffiuciers qui s^y 4Sont installés.

*Goa«ie ^yjighme«eire*dartt àda Jmafemi ée un >pèreT un ràeuK 'tokUrt décria , en l'abordant avecrespeot':

— S&rtté Ile -soft Tenflue, Vdtre TSWBIesse.;.

Vyjighine reconnut dans cetliomme Mironitch,, ce même vétéran qui s'était trouvé près de lui' lorsqu'il commandait Jes paysans sotflevës , le même aussi qui tout à l'heure faisait aux habitans de Moscou le récit delà bataille 9e Tiorodino.

— Et comment se fait-il que tu sois ïeL? dît Vyjighine.

— Je n'y pouvais pas tenir., vois- tu, Votre Noblesse., répondit Mironitch.. Je priais Dieu,, je p riais Dieu pour mon pays v quoi! et je suis parti pour l'armée, «tj a infini par retrouver [mon ancien régiment., j?y suis rentré. Les officiers sont pleins de charité, ils. m' ont donné fusil et giberne, et je me suis lancé encore une fois contre les Français. Mais,, «vois, comme je n'ai pas été heu* reux, %ûtre Noblesse ; ce poignet qui me manque r il est resté à Borodino. Aye ! aye I

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misère , plus de moyen de me battre à présent!

— - Suis- moi, Mironitch; nous nous lamenterons ensemble , mon vieux.

— Maintenant, je n'ai plus rien à faire qu'à prier pour les nôtres , et à regarder faire les braves gens qui se battent. Est-ce que tu me prendras à ton service, Votre Noblesse? et si je ne suis plus bon à rien..,!

•—Suis-moi, te dis-je.

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