‹ Pétrograd, 1917-1919Chapitre 4 sur 10 · VIT · texte numérisé non relu

VIT

mantes.

tradition, la désertion déshonorante. Pas un parmi

les officiers, qui assistèrent à ce conseil ne souffla * mot sur l’inadmissibilité de la «guerre civile» ousur

l’inopportunité de résister à Kérensky et à Krasnov. Cette attitude des officiers s’expliquait, avant tout,

. par le profond abattement moral,et par l'indiffé- à ‘rence du commandement qui n avait aucune raison

de s'intéresser au régime de Kérensky et, d'autre

part, ne pouvait pas se réjouir de l'avènement du (4 régime des Soviets. À cette date, la contre- révO- #0

LA ï.

Nous réunimes à Smolny—je ne me souviens pas A : de la date exacte — un conseil de délégués de là garnison et des représentants du commandement; le « camarade Lénine et moi furent invités à y parti & ..ciper. Une partie des officiers avait disparu, mais 0} la plupart des chefs militaires restaient à leurs postes ne sachant trop que faire et estimant, par

Pa quantité Den a Jotces. ue nous | Fe 1% tons pour les’ opposer aux cosaques était aussi indéterminée. Nous disposions de la de : de Pétrograd, très nombreuse, il est .vrai, mais composée de régiments qui avaient déjà perdu ; leur allant au cours des premières heures de la . révolution. La vieille discipline s ‘en allait avec le vieux commandement. La révolution exigeait LA la destruction du vieux ‘mécanisme de la guerre, mais la nouvelle discipline militaire, qui devait le remplacer, s’ébauchait à peine. On recrutait, : en toute hâte, des détachements de gardes rouges, . mais quelle serait leur combativité? Nul ne le , savait à cette date. Nous ne savions pas exacte … 3 ment où se trouvaient les stocks d'équipement militaire. Les ançients chefs ne se hâtaient pas de les mettre entre nos mains, et les autorités , militaires nouvellement créées les ignoraient.. Tout … ceci rendait la conjoncture militaire générale très vague et particulièrement favorable à la naissance et à la propagation de rumeurs alar- Tip

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lion: n'était as encore organisée. Tes agents

de d'Entente n’ourdissaient pas encore leurs tra- ‘

mes. Le parti le plus simple qui s’imposait, dans

es conditions, aux officiers était celui de demeurer fidèles à leurs régiments et de se soumettre absolument à leurs “décisions. Nous devons

-aussi dire qu'à cette époque le commandement

était déjà éligible et que les éléments les plus

rétrogrades en avaient déjà été expulsés. :

n Mais il ne se trouva pas, au conseil, d’officier. qui consentit à assumer la responsabilité des pérations nécessaires; deux raisons retenaient le

4 ommandement: il n’y avait pas, pour autant que e m'en rappelle, parmi les chefs militaires, qui assistaient au conseil, d'hommes ayant fait un stage de guerre plus ou moins sérieux,—et, personne n’avait envie de se mêler d’une “entreprise, dont les conséquences demeuraient très énigma-

- tiques. Après plusieurs tentatives infructueuses - de charger tel ou tel officier de la direction des opérations le conseil arrêta finalement son choix sur le colonel Mouraviev, qui joua, plus tard, > un role important dans de nombreuses actions

1 militaires de la Russie des Soviets. À

L =: Mouraviey était né aventurier: À cette époque nr se disait socialiste-révolutionnaire de gauche

| (on sait que ce parti servait alors de paravent à

un grand nombre de personnages équivoques, qui, À tout en cherchant à s’abriter sous le nouveau » régime, ‘ne voulaient cependant pas accepter le F lourd fardeau de la discipline bolchévik). Au cours de sa carrière militaire, Mouraviev avait été, je :. ‘crois, professeur de tactique à l’école des aspi- . rants d'infanterie. Vantard et fanfaron, il avait, néanmoins Certaines capacités militaires et savait | agir, en cas de nécessité, avec une rapidité foudroyante; insolent, il connaissait pourtant l’art . de traiter les soldats en camarades et de rechauftie Jeur, TES À lé époque de Fée les

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