L ANTIQUITE ET LE MOYEN AGE
On sait combien sont rares les mentions du nom de Pétrone * que l'on peut relever chez les écrivains de Tantiquité et du moyen âge.
Si on l'identifie avec le Petronius... elegantise arbiter... dont parle Tacite^ les Annales doivent être considérées comme le premier ouvrage où il soit question de Fauteur du Satiricon, A Tacite il faut joindre Plutarque qui a nommé ce même Pétrone (De adulatore et amico, 21), mais en lui donnant un prénom différent^ Titus. Voici maintenant^ par ordre de dates, les auteurs anciens qui ont cité Pétrone ou l'ont simplement nommé : les grammairiens Terentianus Maurus, Marius Victorinus, Diomède, saint Jérôme, Macrobe, Marius Mercator, Sidoine Apollinaire, Pompée, Lactantius Placidus,
1. Rappelons que Petronius Arbiter est l'auteur d'un vaste roman sous forme de Ménippée dont nous ne possédons que des extraits appartenant au XV^ et au XVI^ livre. Ces extraits nous sont parvenus sous le nom de Satiricon ou Saturœ, selon les manuscrits. Le roman est d'une extrême licence, mais d'un rare mérite littéraire.
Boèce, Fulgentiiis rianciadcs, Juaniifis Lydus, Isidore de Séville. Ajoutons-y le Pseudacron et les auteurs anonymes de deux i^lossaires, dont l'un est connu sous le nom de Glossaire de Saint- Denis.
Chez aucun de ces écrivains nous ne rencontrons les traces d'une imitation directe de Pétrone. Tout au plus peut-on admettre, avec M. Lerscli ', qu'il y a une ou deux réminiscences du Satiricon chez Fulgentius Planciades, qui nous a fourni plusieurs citations de Pétrone, mais pour la plupart altérées.
Il est permis aussi de croire qu'Apulée, qui ne nomme Pétrone nulle part, s'est cependant ^àowYQnn au Satiricon en composant son Ane d'or et a emprunté à son devancier quelques expressions, peut-être même quelques situations. Les rapj)rochements que nous avons établis entre les deux auteurs ^ semblent, dans une certaine mesure, autoriser cette hypothèse émise également par M. Segebade {Observationes grammaticœ et criticce in Petroniiim. Dissertationes philologicœ Halenses ; 1880, p. 3*27). (( Petronius, § 115, 3 : ftigere voluistis. Sed non iiti/yme. Jam enim faxo sciatis, etc. Hune locum Apuleius videtur in mente habnisse, cum in Metam., I, 25, scribat : sed non impime. Jam enim faxo scias, etc. »
Il se pourrait encore qu'il y eût un souvenir du nom de Gifoîi, un des tristes héros du Satiricon, dans ce nom de Polfjgiton, donné par Ausoneàla victime d'une de ses épigrammes : Ad scabiosurn Polygitonem (Ep. CVl).
On peut rapproclier des vers de Pétrone sur la cigogne le passage suivant de Cassiodore (480-575 environ) à Symmaque |Ep. XIV, liv. 2, p. 28, t.I, éd. duP.Garet(l679)| Ta Ciconia redeimtis anni jugiter nuntiatrix, ejiciens tristitiam hiemis, lœtitiam verni temporis introdacens, magnum pietatis tradit exem[)luni. »
1. L. Lersrli, Fnbivs Planciades Fidqenlius de abslrusis H'r.nonibus. Uoiin, Konig, 184.1. (Cf. p. -19A