L. VII, 4. VÉjjoui de Rome
Le chaudron renversé des noires Canidies, Ce que Trimalcion vomit sur le chemin, Tous les vices de Eome, etc.
Le Satiricon est si loin de nos mœurs, avons-nous dit, et le détail reste si romain, que toute imitation, toute transposition même est fort malaisée. Cependant en un volume récent, M. Marcel Schwob {Cœur double, Ollendorff, 1891) a condensé dans un récit sobre, expressif et d'une couleur antique, quelques pages du Festin de Trimalchion. {IjPS Slriges, p. l et suivantes.)
Dans une note fort différente, il faut citer la comédie de M. Verconsin, La Matrone d'Éphèse (1 acte, en vers, joué sur le théâtre du Gymnase en 1869). Ainsi le vieux conte Milésien n'a pas disparu de la scène, et on peut croire que M. Alphonse Daudet s'en est encore inspiré au chapitre VI 4e son roman r Immortel.
En résumé, à part quelques parties populaires, comme la Matrone d'Ép/iêse, ou souvent traduites comme la Guerre civile, Pétrone était condamné à rester dans le cercle des érudits ou à n'être goûté que de la société lettrée et polie. Les immoralités qui abondent dans son œuvre l'ont tenu entièrement à l'écart de l'enseignement classique. Tout au plus y pénètre-t-il à la dérobée par quelques extraits (morceaux littéraires, poème de la Guerre civile). Mais il demeure ignoré du plus graudif
nombre. Aucun des genres qui s'adressent au grand public n'a puisé dans le Satiricon. Molière no lui a rien pris. L'a-t-il même connu ? Trimalchion cependant est bien un personnage de comédie, et d'un étonnant relief.
Si donc Pétrone n'a pas cessé d'avoir des admirateurs en France, son culte y a été rarement reconnu et professé. Il semble trop inséparable de celui de Priape. Mais, quoique rcdégué le plus souvent dans une sorte de cabinet secret, ce maître des élégances n'en a pas moins été fort lu, au xvif siècle surtout. Et il n'est que juste de reconnaître qu'il a contribué pour sa part, si petite qu'on veuille la faire, à donner à notre littérature son cachet de politesse et de galanterie.
Naucy, inipr. Berger-Levrault et C»».