‹ PétroneChapitre 17 sur 115 · Chap. Lxxxi · texte numérisé non relu

Chap. Lxxxi

LE SATIRICON 43

lui. A titre de héros principal du roman, il est, malgré certaines disgrâces, heureux en amour et se tire d'ordinaire assez bien des plus mauvais pas. On n'a qU'à le suivre pour faire le tour de la société romaine. Il a tout vu, tout fait : il a été prêtre de Gybèle, c'est-à-dire mendiant; il a volé, escroqué, tué son hôte; depuis, il bat la campagne et court ritalie. Il s'est plus d'une fois risqué sur mer et nous avons ici, suivant la tradition, une tempête et un naufrage auquel notre héros ne manque pas d'échapper. Encolpe s'est même fait gladiateur. Dans celte société du commencement de l'Empire, oii ne subsistent plus que des extrêmes et qui, au moral aussi, avait ses latifundia^ on ne pouvait descendre plus bas. Là même, il s'est bravement comporté : il dit qu'il « en a imposé à l'arène ^ «.Très sensé quand la jalousie ou quelque passion ne l'aveugle pas, tout à son premier mouvement, voyant clair et jugeant bien, parmi les intermédiaires qui sont nos guides, il est le meilleur des truchements.

Avec Encolpe et ses amis se rencontrent d'autres personnages au nom significatif : un vieux poète, Eumolpe'^, plein de verve et d'esprit; mais bohème, sans sou ni maille, et, ce qui est pis, sans mœurs;

1. P. 55, 10. Au commencement de ce chap. lxxxi, Encolpe, sous forme de plainte, fait la revue de tous les périls qu'il avait jusqu'alors heureusement traversés.

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