Voir plus haut, p. 46, note
vie pour nous. Aussi chez lui il fait bombance; il reçoit en un jour plus d'écus qu'un autre n'en a pour tout patrimoine. Et je sais quelqu'un qui lui a donné mille deniers d'or. Mais, si nous étions des hommes ^ il ne se donnerait pas ses aises. Maintenant le peuple a double nature : chez eux, des lions; au dehors, des renards. Pour moi, j'ai déjà mangé mes bardes et, si cette famine persiste, je vendrai mes baraques. Car que va-t-il arriver si les dieux, pas plus que les hommes, ne prennent en pitié cette colonie! Que je n'aie rien de ce qui m'appartient, si je ne crois pas que tout cela vient des dieux-! Car personne ne croit que le ciel est le ciel ; personne n'observe le jeûne ; personne ne fait cas de Jupiter plus que d'un poil; tous, les yeux fermés sur le reste, comptent leur argent. Jadis les femmes allaient en grande stola^ pieds nus jusqu'au Capitole, les cheveux épars, l'âme pure : elles demandaient à Jupiter de la pluie ; et aussitôt il pleuvait à seaux; alors ou jamais, et tous revenaient trempés comme des soupes. Mais les dieux maintenant sont serrés dans leur gaine de laine ^,