Chap. Lxv; p
et fait très bien, dit-on, les monuments funèbres. » Il est spécifié que Trimalcion et Hermeros ont été nommés sévirs en leur absence et gratuitement ^ Cela donnerait du respect aux plus impertinents.
Le hasard fait-il qu'à cette table on parle de quelque étude d'un ordre élevé ou de Tun des arts libéraux : ils sont comparés aux métiers, et Ton compte d'abord ce qu'ils rapportent. C'est d'après le revenant bon qu'on les classera. Quand l'amphitryon déraisonne vers la fin du repas : « Je ne comprends, dit-il, que deux états : médecin et banquier; le médecin sait ce que les hommes ont dans le ventre...; le banquier (qui reconnaît bien les pièces fausses) à travers l'argent voit le laiton^. » Un affranchi parle de son fils ; il en veut faire un barbier, un héraut ou bien un avocat. Entre ces métiers {artificia)^ il ne fait pas grande différence. Leur avantage est qu'une fois sus, on ne les perd qu'avec la vie. Et, s'adressant à son héritier, il lui montre Philéron l'avocat : « S'il n'eût pas appris, aujourd'hui il ne pourrait éloigner la faim de ses lèvres. Il n'y a pas si longtemps qu'il portait sur ses épaules des marchandises. C'est maintenant un personnage qui tient tête aux plus forts. Les lettres, c'est un
1. p. 48, 25, et 38, 4. Autrement dit : sans être formellement .astreints aux dons honoraires et contributions d'entrée.
trésor, et le talent qu'on a ne meurt jamais ^ » Trimalcion, de par sa sottise, a le droit de parler plus crûment encore. Il veut bien concéder que Tart soit difficile ; mais qu'entend-il par art? Suivant lui, il n'y a que deux spectacles agréables; il n'y a donc d'artistes que de deux sortes : les sauteurs de corde et les joueurs de trompette; le reste n'est que fadaise-. Dans un autre passage qui n'est sûrement pas une réminiscence du Gorgias, il assure que sous le même astre naissent les cuisiniers et les rhéteurs 3. C'était faire à ceux-ci beaucoup d'honneur. Quand Sénèque, lui aussi, met sur le même rang grammairiens et cuisiniers, pilotes et médecins^, obéit-il au même sentiment? Le i^"" siècle aurait-il cru sérieusement réformer la hiérarchie des arts et l'idée qu'il faut s'en faire ?
On voit combien est curieux à étudier le monde dans lequel nous introduit Pétrone. Dans quelquesunes de ces pages du Satiricon^ nous avons des Callots romains de la bonne manière. Mais, si ce monde est très mêlé, si les tireurs de laine n'y manquent pas, il n'en est pas pour cela plus varié, et, trop prolongés, les entretiens de Trimalcion et des amis risquaient sinon d'écœurer, du moins de