‹ PétroneChapitre 94 sur 115 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

De cette étude, ne retenons que les résultats principaux : nous ne possédons pas en son entier le roman de Pétrone; ce que nous avons n'est pas toujours clair; il est vrai que d'autres parties ne le sont que trop, et qu'il nous plairait presque, ou du moins qu'il nous convient d'avoir l'air de désirer les comprendre un peu moins. De vrai et à tout prendre, les fragments qui nous ont été conservés sont pour nous du plus grand prix, tant à cause de la perfection de quelques morceaux qui, lus à part, sont exquis, que par tout ce que cet ouvrage mutilé, abrégé, déformé, a malgré tout ajouté à notre connaissance de la vie des anciens. On y peut trouver un fond matériel et solide que nous avons essayé de replacer derrière les grands classiques, ces statues qui, toujours placées au premier plan, finissent peu h peu, surtout avec l'éloignement et la suite

des siècles, par perdre leurs contours réels pour se fondre en une atmosphère idéale. On n'arrivera pas, sans doute, à tirer du Satiricon un tableau complet de la société du i" siècle. Nous n'avions rien promis de tel et personne n'eût pu raisonnablement Tespérer. Quel cadre ne faudrait-il pas pour y resserrer, même avec toutes sortes de réductions, l'ampleur d'un pareil sujet ! Jans la peintu re que Pétrono a faite de ses contemporains , certaines parties se trouvent omises entièrement ; d'autres sont à peine esquissées. Les vices occupent à peu près toute la place, tandis que leurs contraires brillent ici par leur absence, et cependant nous savons par les historiens, et très expressément par Tacite ^ que si les révolutions, si les cruautés des empereurs amenèrent de grands malheurs pendant le i^"* siècle, ce temps ne connut guère moins de grandes vertus. Le roman n'a cure de les connaître, encore moins de les célébrer. Vertu, noblesse, dévouement, cela n'est pas son fait ni de son ressort. Il reste dans son rôle et fort heureusement pour nous, préfère mettre en lumière ces coins et recoins de la vip ancienne que les historiens laissent presque tous et {presque toujours dan s l'ombre .

Par lui, nous avons connu les idées, le langage des petites gens de Rome. La découverte du long

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