‹ Pétrone en FranceChapitre 1 sur 73 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

On sait que des lambeaux seulement du Satiricon^ sont parvenus jusqu'à nous. Peu d'ouvrages furent plus mutilés par le temps. Il n'en est guère non plus dont l'origine et le caractère aient prêté à autant de controverses. Quant au texte même des fragments conservés, c'est à peine si, après des siècles d'efforts, la critique arrive aujourd'hui à le fixer.

Ces difficultés déjà si grandes, des mystificateurs se sont plu encore à les compliquer, soit par l'addition de morceaux apocryphes, soit par la propagation d'erreurs volontaires.

On n'entreprend pas d'écrire ici, d'une manière détaillée, l'histoire des tribulations du Satiricon, depuis l'antiquité jusqu'aux temps mo-

i.-On conserve ici le titre le plus usité du roman de Pétrone. M. Buecheler et d'autres l'intitulent : Salirce, d'après plusieurs manuscrits.

VI AVAXT-PROPOS.

dernes. Sur ce sujet, l'essentiel a été dit par M. Bueclieler (préface de l'édition de 1862) \ par Pétrequin [Nouvelles recherches historiques et littéraires sur Pétroiie et le Satyrîcon) ^ et par C. Beck, en ce qui concerne les manuscrits^.

C'est la fortune de Pétrone en France que l'on se propose principalement d'étudier dans le présent essai. On y insiste surtout sur les travaux dont le Satiricon a été l'objet chez nous et on y passe en revue les jugements que nos critiques ont portés sur cette œuvre. On cherche aussi à y déterminer l'influence que, soit directement, soit par l'intermédiaire des traducteurs, il a pu exercer sur nos écrivains, et à en relever les imitations dans notre littérature.

L'influence de Pétrone en France existe, quoique le plus souvent discrète et latente, parce que beaucoup n'ont pas osé avouer franchement leur goût pour un auteur plein d'esprit, mais

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