Cf. F. Bueclieler, t- 1. de isi;2, Préface, p. xr
2. Acla Sanctorum Julii, t. VII. (Venetiis, 1749, p. ^21, sq.) Sancti Germnnî vila, auctore S. Herico monacho, a slilo Conslantii soluto ad ligatura revocata; ex vetuslissimo ms. Lobiensi, collato cura perantiquo codice Lugdunensi et ms. Belfortiano.
» PETROXE EX FRAXCE.
Nec modus iinpensae : nec edeudi copia simples ; Vilia, nata domi ; non magna, domestica qu^eque ; Arte petita magis, duroque labore seqiientum Empta placent : quodque est ima tellure ferai'um, Quod Cîelo volucrum, pélagique per abdita nantum, Principis infrœnes conducebantur ad usus, Non mandante famé, at varium latura saporem, etc.
M. Buecheler relève quelques autres rapprochements.
Heiric, L. V, ch. 2, v. 131 :
Hinc subit aerias meritis sublimior Alpes, Limes hic Ausonias Gallis disterminat oris.
Cf. Pétrone, De hello civili, v. 144-145 : Alpibus aeriis, ubi Graio nomine puisai Descendunt rupes et se patiuutur adiri.
Heiric, L. V, ch. 2, v. 132 :
Quod non fida tumens caperet vestigia gurges. Cf. Pétrone, De bello civili, v. 193 :
Tum vero maie tida prius vestigia lusit
Uccepitque pedes.
F.nfin, le mot sppti/lims, employé par Heiric dans la préface du livre III;, semble emprunté au vocabulaire de Pétrone, ch. 133, v. 4 :
Quem Lydus adorât
Septifluus '
1. Dans son édition de 1882, M. Bueclielcr a adopté une autre leçon : semperftavius.
IXTRODUCTIOX. 9
Après Heiric, Pétrone est cité, mais inexactement, par le théologien Eugenius Vulgarius
Pétr., eh. 46. Ceterum jam Gi-seculi.? calcem impingit.
Eug. Vulg. Jam alumna creperam Grseculis calcem impingere novit. Il ajoute : « Creperam vel dubiam unde crepusculum ' .
M. Bnecheler, qui nous fournit cette citation {op. cit., p. 31), juge que la phrase est plus digne de Fiilgentius Planciades que de Pétrone.
11 faut arriver au xii" siècle pour trouver de nouveaux manuscrits de Pétrone : le Codex Mesmnicnsis, le Parlsinus , Bibl. nationale, Lat., 8U49 -, et le Parlsinus Mazarbueus^, qui ne contiennent chacun qu'une faible partie des extraits.
Parmi les auteurs qui en ce wf siècle ont lu et cité Pétrone, il faut placer au premier rang
1. Selon M. Paul de Winterfeld (Hermès, t. .33, isos, p. 506 sq.), Eugenius Vulgarius fait celte citation d';T.près lo grammairien Flavius Caper (contemporain de Trajan), dont il transcrit un passage rfe di/ferentia calcis.
2. Volume de 45 feuillets — ancien Colierlinus — contient Perse, la fin du livre II de Cicéron de Divinalione, et immédiatement après : Petronii satirarum liber explicit.
3. Bibliothèque Mazarine, n° 1260, 8» : contenant ; i. Boelii Malhematica; 2. Brunonis Episcopi Commentaria in Genesin et Exodum ; 3. Senecse libri de causis ; -4. Petronii Matroua Epliesiana. Selon Beck (p. 12), ce manuscrit serait du xin», peut-être même du xiv'î siècle.
Jean de Salisburv, évêque de Chartres (1120 à 1180). Il paraît même avoir connu le fragment contenant le festin de Trimalchion, dont nous ne possédons qu'un manuscrit retrouvé à Trau au xvif siècle. Car les lignes suivantes font allusion à un épisode qui ne se lit que dans le manuscrit de ïrau (ch. 40) : « Cœnam Trimalchionis, si potes, ingredere, et porcum sic gravidari posse miraberis, nisi forte admirationem multiplex, ignota et inaudita luxuria tollat. » [Policraticus sive de migls ciirlallmn, \iv . VIII, chap. 7).
D'ordinaire, Jean de Salisbury ne se contente pas de reproduire le texte de Pétrone, mais y interpole des gloses ou le modifie à sa manière. Ce procédé est sensible dans l'anecdote du Verre métallisé (Ibid., liv. IV, 5), rapportée aussi par Isidore de Séville {Oricines, XVI, IG, 6).
De Pétrone, Jean de Salisbury a également extrait le conte de la Matrone d'Ephêse [ibid. , liv. VIII, ch. Il) et, là encore, a paraphriisé de temps en temps son auteur.
D'autres mentions ou citations de Pétrone se rencontrent au livre III du Policraticus, ch. 7 : (' Hoc ipsuni Arbiter noster ingemiscit, etsi alte-
IXTRODUCTIOX. 11
rius videatur induisse personam. » Suivent les huit vers du chapitre 80 du Satiricon :
Nomen amicitise sic, quateuus expedit, haeret...
cités ailleurs par Jean, sans nom d'auteur (VI II, 3), et auxquels font allusion ces autres passages du livre III du Policralicus, ch, 8 : « Fere totus mundus ex Arbitri nostri sententia mimum videtur implere » — et ; « Non duco contention is tunem, dum constet inter nos quod fere totus mundus juxta Petronium exerceat histrionem (autre leçon : histrioniani). »
Nous négligeons d'autres citations de Pétrone faites par Jean de Salisbury ^ On en compte d'assez nombreuses chez Vincent de Beauvnis (fin du xjf siècle, mort vers l'26'i). « De quodam libro, nous dit-il, partim metrico partim prosaico pauca hœc moralia quœ sequuntur excerpta notavi, sq. — Petronius. » (Spéculum historiale, XXI, 25.) [V. ces citations dans Buecheler, éd. de 1862. Préf., p. xxxin.jCf. M. Manitius, Bei-
1. La Porte du Theil (Manuscrit, t. II, p. 190) admet avec Barlli [Adversar., L. XXII, ch. 13), que, dans le vers suivant, Hildebert, archevêque de Tours au xu» siècle, imite aussi Pétrone : Jam torpet rabies, jam detumet unda minarum. Passio Agnelis, cap. IX, col. 1253, éd. de 1708. (Cf. Pétrone, ch. 17.)
12 PÉTEOXE EN FRANCE.
trcige zur Gcscldchic rom. Dichîer im Mit f ri aller (Pliilologus, LVI, 1897, p. 537), qui note encore plusieurs rapprocliements.
Ce vers de la P/iiUppidc de Guillaume Le Breton (xiii' siècle), II, 44 : « Judice fortuna bellum committere vellet », semble une réminiscence de Pétrone, ch. 1*22, v. 174.
Johann von Victring cite les vers 1, "2, 9, 10 du cil. 137, « juxta Petronianos versiculos « (Bohmer, Fontes rei\ Germ., I, p. 284).
Nous voyons encore au xiii'' siècle Conrad de Mure, chanoine et préchantre de l'église de Zurich, comprendre Pétrone dans une énumération d'écrivains.
Plus abondantes sont les citations de Pétrone que contient le FlorUegium Parisinum, qui appartenait autrefois à Notre-Dame de Paris (Bibl, nat. — Codex Nosfradamcnsis, 188, du XIII* siècle.) Elles suivent, mais non pas d'une manière tout à fait rigoureuse, l'ordre des chapitres dans les extraits. (V. Buecheler, op. cit., p. xxvii à XXXII.)
Au Moyen Age pareillement, mais à une époque difficile à déterminer, appartient la citation de Pétrone sur les souffrances du maître d'école
IXTRODUCTIOX. 13
faite par un certain Theodoricus '. Elle se trouve dans un commentaire sur la Rhétorique de Cicéron. (V. Mélanges Graux, 1884, p. 41, article de M. Paul Thomas.)
Fol. 1, "2°, col. a, 1. 1 et suivantes :
Ut ait Petrouius, nos magistri in scolis soli relinquemur uisi multos palpemus et iusidias auribus fecerimus. Ego fero non ita
Ce qui suit, évidemment, n'est plus de Pétrone.
C'est aussi au Moyen Age que se rapportent les gloses de Saint- Denis, où a puisé Pierre Daniel'-. Ces gloses paraissent n'être que des extraits d'un recueil plus considérable, datant d'une époque où l'on possédait encore des fragments assez étendus de Pétrone, sinon le Satlricou au complet.
Quant au glossaire intitulé : De antlquis dïrlionibus, que l'on croit avoir été composé un pea a2:)rès l'époque d'Isidore de Séville, c'est contre toute vraisemblance qu'on l'a })arfois attribué à
1. Eq 1880, Ellis [Journ. of Philol.) avait signalé déjà, sous le titre de*Petronianurn, une citation analogue, d'après un manuscrit de la bibliothèque Philipps.
2. V. Pelri Danieli nottfj, p. 297 de l'éd. de Pétrone publiée par Paul Frellou. Lyon, 1618.
14 PÉTROXE EX FKAXCE..
Pétrone, sans doute parce qu'il était sur un même manuscrit que le Satiricon. * (V. Ch. Beck^ Petronius Arbiter de antiqiiis dictionibus. Memoirs of the American Academy of art. and scienc.^ new séries, vol. VIII; ('ambridge [Massachusetts], 1860.)
Au xiY'' et au xv'' siècle appartiennent les manuscrits suivants: le code.r Parisinus, \V\h\. nat., Lat., 684*2. D, 8°, (que certains font môme remonter au XIII' siècle et qui contient aussi Palladiiis de agricultum et un fragment de dlfferentiis sernionum), le Leidensis, qui fut établi par Joseph Scaliger-, le Vaticaniis, le Leidensis Vossianus , (pii appai-tint à Isaac Vossius, le Florentinus Laurenlianits, \eMonacensis, le codex Guelferbytanus, les codices V indobonenses , enfin le précieux codex Parisinus (^ xv" siècle), découvert vers 1650 par Marino Statileo à Trau en Dalmatie, et qui contient seul au complet le festin de Trinuilchiun. Ce manuscrit est
1. Il est probable que c'est de là qu'est extraite une citation donnée sous le nom de Pétrone par un autre glossaire. V. Buechelor, éd. de 1882, p. m.
2. Scaliger s'était servi de quelques manuscrits que nous avons enciire, comme le Parisinus 8019, et d'autres que nous avons pc?-(ius, en particulier celui da Cujas, qui fut utilisé par Jean de Tournes (Torucesius).
IXTROUUCTIUX. 15
à la Bibliothèque nationale^, Latin., 7989 '. C'est un volume de 1 19 feuillets contenant : 1, Tibulle; 2, Properce; 3, Catulle; 4, une héroïde d'Ovide, Saphos à Phaon ; puis, 5, p. 185, Petronii Arbitri satyrici fragmenta ex libro quintodecimo et sextodecimo; 6, Claudien, le poème du Phénix.
Au total, on connaît actuellement vingt et un manuscrits du Satiricon, distribués dans onze bibliothèques, cinq à la Bibliothèque nationale de Paris, un k la Bibliothèque Mazarine, quatre à la Bibliothèque de l'université de Leyde, deux à la Bibliothèque royale de Munich, deux à la Bibliothèque impériale de Vienne, un à la Bil)liothèque royale de Dresde, un à la Bibliothèque de Berne, un à l'Ambrosienne de Milan, deux à la Laurentienne de Florence, un à la Bibliothèque du Vatican à Rome, un à la Bibliothèque du couvent des bénédictins de saint Placide, à Messine^.
Plus d'un manuscrit de Pétrone s'est perdu parmi ceux qu'ont eus entre les mains les sa-
1. Il fut acquis en 1703 à Rome pour la Bibliothèque du roi de France, au prix de 133 livres. V. L. Delisle. Cah. des manuscrits , I, p. 321.