V. 53. — J'eritura Troja perdidit primum deas
1. V. celle épître dans Grosloy, oj). cil., t. I, p, 229 et suivantes. De Thou aussi a lu Pélrono et s'en souvient à l'occasion. Pierre de l'Estoile écrit (avril IGIO) : « M. Justcl m'a fuit voir, ce mardi 13 lie ce mois, des vers latins imprimés en une feuille, composés par M. le P. D. Th. contre la censure faite à Romme de son Histoire et autres livres; dans lesquels le nom de Trimalclon, (qu'on lit dans Pelronius Arhiter, de Néron, qu'on prend là pour un bardache) semble être adapté au pïipe de Romme (soit que l'auteur l'ait pris en ce sens de Pétrone, ou autrement l'ait entendu do quelque grandi. Ils sont intitulés 'AÀT|Oc'.a et sont estimés bien laits par ceux qui s'y connaissent... » Mémoires journaux, t. lO, p. 197, Paris. Librairie des Bibliophiles,
De hello civiU : v. 142. — Viudictaeque actus amore.
V.. 50. — (Roma) ipsa sui merces erat et sine vindice prasda.
Pithou, V. 66.
Tempestas fati peragat mandata fureutis.
Cf. Petr., ch. 114.
Peragit intérim tempestas mandata fatorum.
Pierre Pithou était encore récent de son édition de Pétrone quand il commença, en 1593, à collaborer à la Satyre Ménippée. Cependant, on ne saisit dans cet éloquent pamphlet aucun souvenir du Satiricon. Les auteurs dé la Ménippée se proposaient en effet un objet trop différent de celui de Pétrone pour être amenés à lui faire des emprunts. Ils se sont contentés de justifier leur titre de Satyre Ménippée appliqué à un écrit en prose mêlé de vers, en alléguant Varron,
imitateur de Menippus, et Pétrone. « Et Varron
en fit de mesme en prose, comme depuis fit Petronius Arbiter, et Lucien en la langue grecque \ »
Parmi les poètes de la fin du xvi' siècle, je ne vois guère que Mathurin Régnier qui, dans ses écrits « craints du chaste lecteur », n'ait pas hésité
1. Discours de l'Imprimeur sur l'explication du mot de Higuiero d'infierno et d'autres choses qu'il a apprises de l'auteur. (Morceau ajouté à la 2^ édition de la Ménippée), p. 244, t. I, éd. E. Tricote), Taris. Lemerre, 1881.
40 PÉTROXE EX FRAXCE.
à faire à Pétrone des emprunts directs. Dans l'Élégie IV, il imite librement, mais en retenant nombre d'expressions et de traits, ou parfois traduit presque littéralement l'épisode si scabreux de Polysenos et de Circé. Voici, par exemple, comment il rend le galant madrigal du chapitre 126 :
Quid factum est, quod tu projectis, Juppiter, aimis, etc. Vers 71 et suivants :
Hé quoj! là-haut au Ciel mets-tu les armes bas, Amoureux Jupiter, que ne viens-tu çà bas Jouir d'une beauté sur les autres aimable ! Assez de tes amours n'a caqueté la fable. C'est ores que tu dois, en amour vif et prompt, Te mettre encore un coup les armes sur le fi-ont ; Cacher ta déité dessous un blanc plumage ;
et te répandre encor,
Alambiqué d'amour, en grosses gouttes d'or.
Cette Satire XI nous offre un souvenir non moins précis d'un des passages les plus risqués du même épisode (v. 229 et suivants) :
Polyenue pour lors me vint en la pensée,
Qui sçeut que vaut la femme en amour ofFensée,
Lorsque, par impuissance ou par mespris, la nuict,
On fausse compagnie ou qu'on manque au desduict, etc.
Jeanne, non moins que Circe, entre ses dents mui-murc. Sinon tant de vengeance, au moins autant d'injure.
A la fin de la Satire X nous voyons Régnier dans la même situation qii'Encolpe (Satiric, 6 et 7). Enfin la description de la Satire XI rappelle le taudis où la vieille de Pétrone prépare ses drogues \
Pendant la première moitié du xvii" siècle, ou lit Pétrone, bien qu'on ne l'imite guère. Il commence à être goûté des beaux esprits qui croient retrouver en lui la délicatesse d'un écrivain qui a vécu à la cour. L'identification de l'auteur du Satiricon avec le roi de la mode (elegantiœ arbiter)^ dont parle Tacite, est alors adoptée universellement.
Déjà, en 1607, Daniel Heinsius peut écrire: « Plautus aut Petronius œtatem occupant. » Ad lectorem (Maximi Tyri Dissert.).
Un des hommes qui, à cette époque, représentent avec le plus d'éclat l'érudition et la curiosité scientifique, Claude Fabri de Peiresc, recherche les meilleures éditions de Pétrone et prie son ami Du Puy de lui acheter entre autres celles d'Ant. Gonsalo de Salas, de Lotichius, de Brassicanus ". Il voudrait voir celle à laquelle le père de Du Puy a ajouté des notes ^ 11 envoie à François -Auguste de Thou, le