Ibid., p. 458. Lettre XGVI, du 27 février
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fils aîné du grand historien, alors à Rome, le Pétrone de WouAveren * .
C'est un ami de Peiresc, Jean Barclay-, qui, au commencement du xvii® siècle, va, sinon entreprendre de rivaliser, comme on-l'a dit, avec Pétrone, au moins imiter d'assez près le Satiricon, soit pour les procédés de composition, soit pour le style. Son Eupliormion, publié en 1603"', est un roman satirique sous forme de Ménippée, qui emprunte à Pétrone son cadre très souple, diverses situations et des expressions en assez grand nombre. Si le Satiricon n'est pas, il s'en faut, l'unique modèle de Barclay, du moins lui doit-il, dans ses meilleures pages, la fine ironie et l'élégante latinité qu'admirèrent les contemporains. L'Estoile, entre autres, loue ce « beau latin et tout Pétronique » (Mémoires journaux, t. IX, p. 324).
Toutefois, on s'étonne, en lisant le plan d'études tracé par Lucretius (Euphormion, pars I, cap. 20), de voir figurer Pétrone au nombre des auteurs quel'adolescent pourra lire avec profit : « Mox in omncs passim auctores evagetur licentius liberum studium ; nec Petronium, Livium, Sallustium, Cœsarem, Tc-
1. Ihid., I. 1, p. 122. Letirc XXV, du il janvier 1627, à Du Puy.
2. Né en 1582 à Pont-à-Mousson, d'un péro écossais, Guillaume Uarclay, professeur de droit à l'Université, et d'une mère lorraine.
3. I™ partie, Londres. in-i2. Il" partie, Paris, François Huby, 1607.
rentiura , Cuvtium piideat miscuisse Ciceronianœ dictioni. »
Le continuateur de V Euplwrmion de Bai'clay, le Dijonnais Claude-Barthélémy Morisot, puise aussi dans le Satiricon et le commente en des pages très libres et très audacieuses \ Il suppose qu'un élève des Acigniens (ignaciens, jésuites) révèle naïvement que Pétrone est l'auteur qu'on lit maintenant dans tburs écoles à la place d'Aristote. On devine quelles mœurs peuvent être enseignées par un tel précepteur. L'accusation est formulée sans réticence ; tout le morceau est d'une ironie violente.
On rencontre quelques réminiscences de Pétrone dans le conte latin du poète Théophile de Viau, intitulé : Larissa. (Voir les Œuvres de Théophile, édition de 1638, p. 321 : "« Igituï- postero die cœpi pudorem pueri soUicitare, etc'. » Cf. Pétrone, ch. 85-87.)
Pétrone étant au xvii* siècle considéré comme un satirique, nous ne devons pas être surpris que les romanciers de ce temps ne lui aient rien emprunté. Et pourtant, quelques-unes de leurs œuvres offrent
1. Morisot est l'auteur de la V partie de VEuphormion, Aletophili Veritalis Lacrymœ, publiée en 1625. L'ouvrage fut celte même année condamné au feu par arrêt du Parlement de Dijon.
2. Dans sa vieillesse, Bussy-Rabuliu s'est amusé à traduire ce petit conte.
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des situations analogues à celles an Satiricon et s'en rapprochent au moins par certaines tendances réalistes. Telle la Vraie histoire comique de Francion (1623), par Charles Sorel, dont le héros n'est pas d'une moralité bien supérieure à celle d'Encolpe. L'apolog-ie que présente Sorel fait songer à celle que l'on lit chez Pétrone (eh. 132). Comme celui-ci, il fait parler à ses personnages la langue populaire, le sermo pleheius de son temps. « N'est-il pas vrai, dit-il, que c'est une très agréable et ti*ès utile chose que le style comique et satirique? L'on y voit toutes les choses dans leur naïveté: Toutes les actions y paraissent sans dissimulation... Que si l'on est curieux du langage, comme en effet on le doit être, où le peuton considérer mieux qu'ici ? Je pense que dedans ce livre on pourra trouver la langue française tout entière, et que je n'ai point oublié les mots dont use le vulgaire^. » ]\Iais nulle part Sorel ne nomme Pétrone et rien n'indique qu'il l'ait lu. On ne saurait en effet considérer comme une allusion directe au squelette du festin de Trimalchion la phrase où il est question d'une coutume des Egyptiens: « N'avez-vuus pas ouï dire que les Egyptiens mettoient autrefois en leurs festins une carcasse de mort sur la table, afin que songeant que possible le lendemain ne seroient-
Francion. L. 10, p. 385, éd. K. Colombey.
ils plus en vie, ils s'efforçassent d'employer le temps le mieux qu'il seroit possible ^ ? » Cet usage est rapporté par Plutarque [Banquet des sept Sages, II)*. Nous ne trouvons pas non plus trace de la lecture de Pétrone dans le Roman comique, de Scarron (1651), dans le Roman bourgeois, de Furetière (1666), dans les Aventures burlesques, de d'Assoucy (1677), récit mêlé de vers, de dissertations paradoxales, autobiographie d'un boLême comme Encolpe, et de qui les mœurs aussi ont été suspectées. Rien de Pétrone dans Cyrano de Bergerac. Mais son ami et éditeur Henri Lebret (préface de Y Histoire comique et Voyage dans la lune, 1656), parlant des ouvrages où subsistent des lacunes, ajoute : « Ceux de Pétrone sont de ce nombre-là ; mais on ne laisse pas d'en admirer les beaux fragments, comme on fait des restes de l'ancienne Rome. »
Ajoutons tout de suite que Gil Blas et Guzman d' Alfarache n'empruntent rien au Satiricon. Cependant, il y a un rapport assez étroit entre le Satiricon et le roman picaresque et on a plus d'une fois comparé les héros de Le Sage à celui de Pétrone. Guzman surtout, voleur, débauché, sans scrupules d'aucuiie sorte, est bien de la famille d'Encolpe. ^Mais