Œuvres de Balzac, éd. de 1665, t. II, p
et cependant Pétrone est un des familiers du frère A*. Encolpe et Giton ne font-ils pas de belles choses dans sa cellule ? Si une femme mondaine entre dans un couvent, on le purifie, et peu s'en faut qu'on n'y mette le feu pour le nettoyer • et néanmoins, notre moine ne laisse pas de garder curieusement au milieu des siens toutes les ordures de l'antiquité, et de receler dans une maison religieuse des gens qui doivent être brûlés dans les républiques bien policées. » Malgré les protestations de F. Ogier, il y a dans Balzac plusieurs passages où se retrouvent des souvenirs de Pétrone. Ainsi il lui emprunte (Lettres, t. I de l'édition de 16G5, p. 174) cette expression (Sat., ch. 4) : « Cruda adhuc indigestaque studia », pour la traduire par : « La crudité et l'indigestion de leurs lectures. » On peut croire également à une réminiscence de Pétrone chez Balzac, dans le passage suivant (t. I, p. 02, lettre XVI du livre III, à Chrysolite) : « Elle est née des péchez de sa mère, et jamais virginité ne dura moins que la sienne. Elle en a perdu le souvenir ; mais ceux de son temps assurent que la première fois qu'elle sortit du logis,
elle trouva au retour ses gants et son p à dire \ »
Dans sa YIII" Dissertation critique, pour se jouer
1. Cf. Pétrone, ch. 25: « Juuonem meara iratam habeatn, si uni[uam me meminerim virginem fuisse. Nam et infinis cum- paribus inclinata sum, elc. «
deTérudit Costar', Balzac a inséré des fragments de sa pièce célèbre : Indignatio in poetas Neronianorum temporum-, qu'il attribuait à Turnus, et que les Allemands ont plus d'une fois réimprimée comme authentique. Elle est dédiée au duc de Montausier, grand ami de Bussy, et probablement lecteur de Pétrone, lui aussi. Plusieurs des vers cités sont imités de Pétrone :
Usque adeo maculas ardeut iu froiite récentes Hesternique Getae viacla et vestigia flagri ! Cf. Pétroue. cli. 126.
Il ajoute : « Elles (les ]\Iuses qui se prostituent à des valets) m'ont fait souvenir de ces autres Dames du mesme temps, que vous avez veiies en un mauvais lieu, et qui doivent craindre le commissaire du quartier ; je veux dire dans le Satyrique de Pétrone : qiiœ vestigia jlagrorum osculahantur , quœ complexus suos, si ma mémoire ne me trompe, mittebant in crucem, et in extrema plèbe quœrebant etiani quocl amarent. » Et, au chap. V de la même dissertation (p. 614) : « S'il (l'orateur de Poitou que vous connoissez) entendoit le latin, il adresseroit à la nouvelle Carmélite ces paroles de Pétrone : Quid proderit hoc tibi, si te vivam sepelieris ; si, antequam fntaposcant,