‹ Pétrone en FranceChapitre 27 sur 73 · Carminum L. III · texte numérisé non relu

Carminum L. III

indemnatum spiritum efficderis? » Faut-il aussi, avec F. Og'ier lui-même \ voir une réminiscence de Pétrone dans la phrase suivante : « Je te prie donc de ne m'en battre point les oreilles à ton arrivée, et de ne retourner pas mon ennemi pour me faire la guerre avec ces grandes paroles. » (Balzac.) Cela est imité de Pétrone : « Enormis loquacitas. Petronius in Satyrico. » Le souvenir, en tout cas, serait bien vague et bien peu caractérisé.

Enfin, Balzac nomme encore Pétrone dans son Aristippe (t. II, p. 190. Discours septième): « Ce sont des Pétrones et des Tigellins auprès de Xérou ; ce sont des advocats de la volupté, qui plaident sa cause, etc. »

Pétrone est cité dans les Lettres de Fhyllarque (Goulu) a Ariste. On y lit, traduit avec des passages du Dialogue des orateurs, le fragment sur les déclamateurs (ch. 1-2).

Voiture ^ et Sarrasin ont goûté le Satiricon. Ce dernier a imité en vers le poème àe la, Guerre civile \

1. Conformilé de l'éloquence de M. de Balzac avec celle des i)liix grands personnages du temps passé ei du présent. Œuvres de Balzac, 16i5.5, l. II, p. 171.

2. Voir Lettre de Voilure à M. Costar (éd. de 1654, p. .578. Lettre CXCIII) : « Que le petit conte latin du bas de voslre lettre m'a « pieu et semblé admirablement écrit ; si vostre histoire, ou la « mienne, estoient escrites comme cela, on ne lirait plus Pétrone. »

3. Baillet (Jugements des savants sur les principaux ouvrages des auteurs, t. IV, éd. de i'i'2ô), menlionnanl les nouvelles ù'uvres

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On le voit ailleurs citer Pétrone (Attici Secundi Orbilius Musca sive Bellum parasiticum. Histoire de Pierre de Montmaur, édit. de 1715, t. I, p. 188): « Namque, ut ait Poeta,

Somuia qua; meutern ludunt volitautibus umbris, etc. » (Fmgm. XXX .

En cette même Histoire de Pierre de Montmaur, j\Iénag-e prouve aussi qu'il a pratiqué Pétrone. Il cite une correction de Saumaise sur un passage du Satiricon {ihid.,t. I, p. 82, Vita Gargilii Mamurrœ parasitopœdagogi) et, p. 75, emprunte au chapitre l*"' les expressions suivantes : Cujus omnia dicta factaque essent et sesamo et papavere sparsa, etc. \

On lit, dans Pascal [Pensées, art. VU, 28, édit. Havet) une citation de Pétrone : « Plus poetice quam humane locutus es » (cli. 90). La phrase, ainsi que le fait remar(|uer M. Havet, n'a pas le mC'me sens dans

do Sarrasin imprimées à Paris en 2 vol. in-i2 (ie75), dit : « Le « 2° vol. ne contient que des pièces en vers ; parmi les plus lon- « stucs est un essai de poi^sie héroïque, la Guerre espagnole, imiti'C « du poème de Pétrone: Qrhem jnm lolum... »

1. On trouve, dans le Menagiana, cotte très juste remaniuc souvent reproduite depuis ;'"

.( Un valet dans Plante ot dans Tércnce s'exprime aussi poliment (jue son maître. Pétrono, fin et judicieu.K écrivain, introduisant des geus de la lie du peuple, les a fait parler naturellement comme ils parlaient. Cet échantillon, pour cette raison entre autres, est de conséquence : rien de te! ne se trouvant dans pas un des anciens qui ont précédé ou suivi Pétrone. » {Menagiana. t. I, Paris, Florent Dclnulnc, 1715, p. 263).

Pétrone que dans Pascal, qui aura sans doute emprunté à quelqu'un cette citation. Car nulle part ailleurs chez lui ne se rencontre la moindre allusion à Pétrone. Il est à remarquer cependant que IMM. de Port-Royal connaissaient le Satiricon et y ont puisé plus d'un rapprochement dans leur Epigrammatum delectus , Paris, 16Ô9 •, cf. p. 107, ad Martialem;, p. 122, id.', p; 127, id., etc. D'autre part, le chevalier de Méré, dont on sait les relations avec Pascal, aimait beaucoup Pétrone. Méré était de cette secte de gens aimables et de plaisir dont parle Sainte- Beuve \ les Saint-Evremond, les Ninon, les Saint- Pavin, les Mitton, qui raffolaient du voluptueux Romain. Dans une lettre à la duchesse de Lesdiguières", Méré traduit, en l'arrangeant un peu, le conte de la Matrone d'Ephese.

Voici enfin un disciple de Port-Royal, Racine, qui cite Pétrone dans sa correspondance, et il est assez piquant de voir le futur auteur à'Athalie associer un abbé au compliment qu'il adresse aux belles Languedociennes, en se servant des expressions d'Encolpe : « J'étois détourné par d'autres spectacles,- il y avoit tout autour de moi des visages qu'on voyoit à la lueur des fusées, et dont vous auriez bien eu

1. Porlraits littéraires, t. III. p. 106. Le chevalier de Méré.

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